L’erreur de Mélenchon, en dépits pourtant d’un programme réellement enthousiasmant, réellement porteur en lui-même d’un vrai projet, ça a été de s’en prendre au FN. La fronde du Front des Gauches contre le Front National a été la plus grande erreur.
Mélenchon voulait battre Sarkosy, mais il voulais surtout battre Marine Le Pen. Quand on vise les mauvaises cibles, on perd la bataille. Certes, sur les solutions à apporter, les deux formations sont souvent sur des voix différentes, parfois diamétralement opposées. Mais sur l’analyse systémique, elles se rejoignent. En désignant Marine Le Pen comme étant l’ennemi à abattre, en la méprisant comme il l’a fait tout au long de la campagne, il a commit une erreur fatale. Chaque fois que l’on s’oppose - par principe - à « l’extrême droite », de façon frontale et grossière, on perd des points, et on fait grimper son score.
Mais Méléchon n’est pas seul en cause. Nombre de militants communistes, rabiques, sont également responsables. Les « antifa », souvent plus fascistes que ceux qu’ils dénoncent, sont largement en cause, eux aussi. Il n’est pourtant pas si difficile de comprendre que cette opposition entre les « extrêmes » ne fait que renforcer la position des « modérés », et par là, fait le jeu de l’éternel status quo - le classique, mais oh combien efficace « diviser pour mieux régner »...
En fin de compte, Mélenchon, malgré sa formidable envolée, a perdu son combat, et Marine Le Pen lui a mis une grande claque dans la gueule. Cause et effet. Hélas pour les électeurs du FN, ils resterons, une fois de plus, eux aussi sur le carreau, en « troisième hommes ». Dans une compétition où les seuls vainqueurs sont les deux premiers, autant dire qu’ils sont perdants, eux aussi.
En fait, à bien y réfléchir, ce sont surtout les vrais citoyens qui sont perdants. Mais eux savaient déjà que quel que soit le résultat, ils seraient perdant. Dans une élection, les démocrates sont TOUJOURS perdant : les oligarques toujours gagnants.