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Commentaire de taktak

sur Gauche de progrès : un échec en trompe l'œil


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taktak 26 avril 2012 00:32

@ tall et wesson

votre discussion est symptomatique de ce que je dis depuis longtemps sur agoravox :

L’UE (et l’euro) est incompatible avec toute politique progressiste car elle est l’outil de l’hégémonie des capitalistes sur la classe ouvirère par la suppression de la souveraineté du peuple.

C’est là que ce situe la faiblesse de la gauche actuelle. Faiblesse entièrement récupérée par le FN pour se présenter comme anti système alors que le FdG ne serait que le flan « populaire » d’un UMPS mondialiste. C’est bien vu de sa part. Mais Wesson a raison, il ne s’agit que de discours. Pour preuve, quand Le Pen dit qu’elle veut sortir de l’euro, il s’agit en fait de négocier avec les capitalistes allemand un nouveau SME avec un franc indexé sur une monaie commune étalonnée sur un mark fort. Vive l’austérité renforcée façon FN.

Bref, plutot que d’être aveuglé par un idéalisme moralement compréhensible, il faut faire preuve de réalisme politique, ce qui est le premier devoir d’une politique de gauche.
Oui le discours de Mélenchon à Marseille (dans une moindre mesure à la bastille) est un très beau discours sur le plan philosophique. Sur le plan politique il est très mauvais.
1) la problématique actuelle, ce n’est clairement pas les problèmes sociétaux qui ne sont que des symptômes des agressions du système capitaliste. Alors, oui il faut être anti racistes, oui il faut proner la tolérance etc...mais non l’affrontement du FN et de la droite ne doit pas se faire sur les thèmes de l’immigration clandestine, de l’euthanasie ou du mariage homosexuel. Car c’est tomber justement dans le piège de se positionner sur des clivages qui dépassent ceux de l’exploitation de la classe ouvrière par les capitalistes. Il faudra traiter ces questions mais une fois le rapport de force idéologique plus favorable, et en tenant compte de l’évolution culturelle : on avance en marchant. Avec seulement 1/3 du corps électoral s’exprimant clairement pour la gauche (plus ou moins nette d’ailleurs) on est trop faible pour conduire le débat sereinement en dehors des invectives façons Le Pen la semi démente qui ne convaincront pas une partie des classes populaires de nous suivre sur le fond par un simple rejet culturel.
2) la problématique majeure, en partie identifiée par le FdG c’est bien celle de rendre sa pleine souveraineté au peuple (« Place au peuple ») et ce afin qu’il applique ce qu’il conduise un projet politique au service de tous (« l’humain d’abord »). Mais l’objectif politique est ici totalement discrédité par le fait que tout cela est conditionné par un objectif primant le reste : redresser l’UE en une europe sociale. Cela n’apparait pas réaliste et reste au rang du discours si on ne pose pas clairement l’alternative suivante : ce sera notre europe, rendant pleinement la totalité de la souveraineté à chaque peuple (et en l’occurence à la nation française en france, grecque en grèce etc...) ou ce sera sans nous (sortie unilatérale de l’europe et de l’euro). Là, clairement, on marque le clivage de classe. Et on montre dans quel camps chacun se trouve, et que du FN et du FdG ce n’est pas le premier qui est contre le système mais bien le second qui veut le changer.
Car le FN et les Le Pen ne sont qu’une autre face de la droite capitaliste réactionnaire dont le but principal est d’exploiter la classe ouvrière et donc de maintenir l’ordre établi.

Un dernier point, et je m’excuse pour ce long commentaire, je veux revenir sur la question de souveraineté nationale. D’abord à travers un exemple pratique. Dupont Aignan pour qui ce thème représente le fondement de sa pensée politique, sur cette seule thématique en arrive sur le plan économique à proposer la renationnalisation de tout ceux qui relève du service public (énergie, transports...). Paradoxal pour quelqu’un qui est très réactionnaire sur bien des questions de société. En choisisant la souveraineté nationale sur de grande question essentielle, il est logiquement amené à choisir l’intéret du peuple contre l’intéret de la classe dominante.
C’est tout simplement qu’à notre stade de l’histoire, le peuple français est aujourd’hui confondu avec la Nation (de façon similaire à 1793 quand les monarchies européenne coalisées agressé la jeune république), que la nation c’est la classe ouvrière puisque les capitalistes ont fait le choix d’organiser l’exploitation au niveau de structures supra nationales, alors que la classe ouvrière, à travers ses syndicats, ses victoires sociales, est structurée dans chaque cadre national. Avec ce que cela suppose pour chaque peuple de spécificités culturelles qui empèchent (et l’expérience le prouve) toute jonction réelle et efficace des luttes à un plan international ou d’avancer sur tout les sujets ensemble. Défendre la souveraineté populaire, base de toute République, c’est donc avant tout défendre la Nation, qui est le bien du peuple. Et ce qui va avec sur le plan culturel : la langue, la laicité, l’unité nationale contre les régionalismes féodaux ou les communautarismes ethnique ou religieux, l’exception culturelle contrela culture unique main stream...

On remarquera d’ailleurs, que lorsque Mélenchon a axé son discours avant tout sur la défense des valeurs de la république (de la Patrie si on reprend un terme de la révolution française, galvaudé par la droite et l’extrème droite) en montrant que ce sont celles de la Gauche, c’est là qu’il avait la meilleure dynamique dans l’opinion, et c’est la que le FN se trouvait en difficulté.
C’est lorsqu’il s’est replié sur un anti racisme niais et sans fond politique, sur les arguments véléitères de « je vais taper du point sur la table et on va négocier l’europe sociale) qu’il s’est coupé d ’une partie des classes populaires qui n’ont alors plus identifié le clivage de classe, plus perçu le fond du projet politique de changement du système. Et se sont perdu sur un discours pseudo anti système du FN qui a le bénéfice de l’ancienneté, du simplisme et des incohérence jamais relevé par des médias friant de l’odeur du souffre, de référence dans le discours clairement marqués classe ouvrière contre la classe dominante. Sauf que quand le pen parle de »lhyper classe mondialisée" elle ne parle pas des patrons, de banquiers ou des actionnaires, mais de ceux à droite qui occupe les fauteuils qu’elle convoite... Et c’est là toute la différence substile qu’il nous faut démasquer.


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