Bonjour Mme Walter et cevennevive,
Ne fait-elle pas un peu image d’Epinal, votre description des pauvres « transparents comme le cristal », cevennevive ?
Je pense que c’est surtout une question de valeurs. Ca ne fait pas très politiquement correct de le dire, mais j’ai aussi rencontré des pauvres sans morale, n’hésitant pas à voler et à trahir pour un maigre gain immédiat, qui m’ont fait revenir brutalement de ma naïveté humaniste, et des riches généreux.
Il y a ce que Marx appelait le « lumpenproletariat » : c’est-à-dire le prolétariat sans conscience de classe. Il y a de l’individualisme aussi chez les pauvres, et je ne vous souhaite pas d’y être confrontés un jour car c’est glaçant. Je vous laisse chercher ce que Marx en pensait.
A l’inverse, on voit souvent des riches bouffis de suffisance - en fait, on ne voit qu’eux. Car ils éclipsent ceux-là beaucoup plus discrets qui propagent le bien autour d’eux. J’en connais.
Au fond, je pense que ce que l’on retient des classes, ce ne sont que les caricatures que l’on en fait. Et c’est foncièrement injuste. L’humanisme n’est pas l’apanage des pauvres, l’individualisme n’est pas l’apanage des riches : il y a de l’humanisme chez certains riches, et il y a de la méchanceté gratuite chez certains pauvres, autant que le contraire.
Ne se trompe-t-on pas de combat en opposant les riches et les pauvres ? Je pense pour ma part que la véritable opposition concerne ceux qui vivent selon des valeurs, et ceux qui n’en ont pas. Or ce sont les valeurs communes, érigées en corpus législatif, qui définissent une société et qui assurent sa cohésion, ne l’oublions pas.
La gauche telle qu’elle est actuellement représentée semble avoir rejeté ce thème. L’extrême-droite s’en est saisi et le monopolise. Quand se le réappropriera-t-elle ?
Bonne journée