« Monsieur le Procureur de la République,
« Nous vous informons à la suite du dépôt de la plainte n° P 12-123-4981/1 en dénonciation calomnieuse que nous avons déposée à vos services dans l’intérêt de Messieurs Plenel, Arfi, Laske et de la société éditrice de Mediapart à l’encontre de Monsieur Nicolas Sarkozy que Monsieur al-Baghdadi al-Mahmoudi, ancien secrétaire général du comité populaire général de Libye, poste équivalent à celui de Premier Ministre, a transmis une déclaration par l’intermédiaire de ses conseils, le Bâtonnier Bechir Essid et Maître Mabrouk Kourchid, tous les deux avocats au barreau de Tunis, ville dans laquelle il était placé sous écrou extraditionnel à la demande de la Libye.
« Nos deux confrères ont indiqué que leur client, Monsieur al-Baghdadi al-Mahmoudi confirmait l’existence et donc la véracité des faits évoqués dans la note signée de Monsieur Moussa Koussa en date du 10 décembre 2006, publiée par le journal en ligne Mediapart le 28 avril 2012. C’est à la suite de cette publication que Monsieur Nicolas Sarkozy a déposé une plainte pour faux et usage de faux, recel de faux et publication de fausses nouvelles contre le site et les journalistes, le 30 avril 2012 en fin d’après-midi.
« Il nous apparaît donc que Monsieur al-Baghdadi al-Mahmoudi est un témoin tout à fait essentiel dans l’instruction des deux plaintes, celle de Monsieur Sarkozy et celle de Mediapart en dénonciation calomnieuse contre le premier. Il risque cependant d’être extradé en Libye et l’organisation Amnesty International comme les ONG tunisiennes de défense des Droits de l’Homme ont sans équivoque fait savoir qu’outre un procès injuste, il était exposé dans ce pays à une exécution arbitraire et rapide.
« C’est pourquoi, dans l’intérêt de la manifestation de la vérité, nous vous demandons de prendre contact avec les autorités judiciaires tunisiennes, directement ou indirectement par la voie diplomatique, de telle sorte que Monsieur al-Baghdadi al-Mahmoudi puisse répondre à une commission rogatoire internationale que vous-même ou un juge d’instruction ne manquerez pas de lancer. Outre la protection de son intégrité physique, c’est sa mise à la disposition de la justice française qui doit être assurée.
« C’est pourquoi il convient de vous assurer sans tarder de cette exigence auprès des autorités judiciaires tunisiennes.
« Nous vous prions de croire, Monsieur le Procureur de la République, en l’assurance de notre haute considération.
« Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman. »