Bonjour,
Sur le succès de XA, je dirais que les dimensions « sanction » et « protestation » dominent largement la dimension « adhésion » des votants en sa faveur. L’extrême-droite continue d’avoir à peu près le même poids depuis les années 1970, sa radicalisation n’est à mon avis que ponctuelle, les néo-nazis devraient retourner à leur niveau réel de moins de 1% assez rapidement.
Ensuite, sur le succès de la gauche radicale, je dirais que quand l’auteur parle des 50% d’opinion favorable, il oublie que dans le même temps la droite radicale en obtenait plus de 20%. Or au final cette dernière, incarnée principalement par l’ANEL, a réalisé 10% des voix, et la gauche radicale 31%. Dans les deux cas, ça a été déjà une belle performance électorale, et je ne pense pas qu’avec ce contexte on puisse parler de déception ni de captation par la droite radicale, encore moins par l’extrême-droite qui, avec 9,9% sur deux listes, reste dans son étiage depuis 1980. Et surtout, il ne faut pas oublier que plus de 18% des suffrages ont été, du fait du foisonnement politique, « neutralisés » par le seuil des 3%.
Alors oui, en Grèce comme en France, les épithète « fasciste » et « nazi » sont démonétisées par une utilisation indue. Mais je ne pense pas que cela empêchera aux prochaines élections XA de retomber à 0,3%.
Je ne pense pas que l’analyse pseudo-marxisante de l’auteur de cet article sur Médiapart (qui grosso-modo reproche à la gauche grecque de ne pas assez utiliser une ligne de lecture marxiste) soit fondée. Il prend un événement ponctuel pour une tendance de fond.
Je serais pour ma part bien plus inquiet de la possibilité (jamais exclue) d’un nouveau pouvoir militaire en Grèce que d’une montée irrésistible de l’extrême-droite néo-nazie.