En Grèce, le chaos politique ravive le spectre de la faillite.
La Bourse d’Athènes a dégringolé de 7,6% lundi 7 mai, au lendemain
d’élections législatives qui ont lourdement sanctionné les deux partis
pro-austérité et envoyé pour la première fois des néonazis au Parlement.
Que se passera-t-il si la Grèce rejette l’austérité ?
Si aucun accord de gouvernement n’intervient au terme du processus de
négociations, de nouvelles élections pourraient être convoquées dès le mois
prochain. Un agenda politique qui est difficilement compatible avec l’agenda de
consolidation budgétaire fixé par l’UE et le FMI. D’ici à juin, le nouvel
exécutif est en effet censé de nouvelles coupes budgétaires, d’un montant
d’environ 11,5 milliards d’euros. Une baisse des salaires des fonctionnaires et
des retraites est à prévoir. 150 000 postes de fonctionnaires doivent être
supprimés d’ici 5 ans. Or si de nouvelles élections ont lieu, les partis
extrémistes pourraient encore monter en puissance, estime Elena Panaritis. Et
empêcher le vote de nouvelles mesures d’austérité. L’Europe et le FMI
pourraient dès lors refuser de verser à la Grèce les prêts qui lui sont
nécessaires pour continuer à rembourser sa dette et à payer ses fonctionnaires.
En juin, le pays est censé recevoir une tranche d’environ 30 milliards d’euros
de nouveaux prêts. S’il ne les reçoit pas, il fera défaut sur sa dette et sera
en faillite. Une sortie de la zone euro pourrait s’en suivre.
"C’est le scénario du pire qui risque de se réaliser, tant pour la
Grèce que pour la zone euro, explique Patrice Gautry, chef économiste d’Union
Bancaire Privée. La Grèce, qui ne peut plus se financer sur les marchés,
verrait son déficit commercial se creuser en cas de sortie de la zone euro, son
inflation augmenter et le pouvoir d’achat de ses citoyens se dégrader. Quant à
l’argent prêté depuis deux ans par le FMI et l’Europe [environ 400 milliards
d’euros], il serait définitivement perdu en cas de faillite grecque. Sans
compter que cela créerait un précédent en zone euro et que les autres pays
fragiles - Portugal, Espagne, Irlande, Italie et voire même la France -
seraient alors attaqués par les marchés. Ce serait la fin de la zone
euro."
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