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Commentaire de Christian Labrune

sur Ecole : les filles meilleures que les garçons en tout


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Christian Labrune Christian Labrune 9 juillet 2012 15:58

à l’auteur,

Votre constat est tout à fait pertinent : tous ceux qui ont été professeurs ne manqueront pas d’apporter de l’eau à votre moulin, et il n’est même pas nécessaire de recourir à l’objectivité de statistiques qui sont de plus en plus précises : c’est perçu comme une évidence quand on est sur le terrain.

Certains disent : les filles sont plus « dociles ». Elles se conforment effectivement mieux aux exigences de discipline qui sont nécessaires dans l’école, mais les garçons ne sont pas moins dociles. Même si leur docilité elle est d’une autre nature, elle n’est pas moins évidente. C’est-à-dire qu’au lieu d’obéir à la rationalité du système d’instruction, ils préfèrent se soumettre aux lois grégaires du groupe social dont ils sont issus. Lorsque la culture est valorisée dans leur milieu social où l’obtention des diplômes est perçue comme la condition de la réussite sociale, ils peuvent aussi bien réussir que les filles. En revanche, dans des milieux où l’échec scolaire est plus répandu, il arrive que la culture, par ressentiment, soit assez méprisée, comme l’avaient fait apparaître bien des études de Bourdieu. Et dès lors, dans des écoles où on désespère de pouvoir obtenir les diplômes sans de considérables efforts, on s’acharnera plutôt, virilement (la testostérone ?), à tout détruire. Puisque je ne peux pas réussir, je vais empêcher les autres de travailler. C’est ainsi que depuis une vingtaine d’années le sens de l’émulation s’est inversé dans nos banlieues : celui qui travaille et réussit est un « bouffon », c’est-à-dire une sorte de lèche-cul du système, et la suprême élégance est d’attendre sans rien faire la fin d’études dont on n’aura jamais rien su tirer.

La destruction du système républicain d’instruction publique par les socialistes à partir du milieu des années 80 a considérablement accéléré en France cette évolution. « Avoir le bac » est devenu un droit qu’on a progressivement reconnu, même à des illettrés. A partir du moment où l’école se méprise elle-même jusqu’au point de délivrer de faux diplômes, comment pourrait-elle encore être respectée par ceux qui croient devoir la fréquenter par obligation mais que l’étude n’a jamais intéressés ?

Je ne sais pas si les filles sont plus intelligentes que les garçons ; qu’est-ce que c’est que l’intelligence ? Cela résulte d’un nombre si considérable de paramètres que cela restera toujours impossible à évaluer scientifiquement. En tout cas, il m’a toujours semblé qu’elles étaient infiniment moins connes. Les grandes civilisations sont celles où les femmes ont une grande influence. Les progrès en civilisation, disait à peu près Fourier, sont toujours en raison directe de la liberté des femmes.

S’il fallait s’en tenir à la Bible, qui reste une référence pour bien des obscurantistes, il suffirait de comparer Eve la curieuse et son compagnons Adam, le plus obéissant des bovins. Sans Eve, nous serions encore à poil, en train de bouffer des crudités et de tourner entre les quatre murs du jardin d’Eden, comme des poissons rouges dans leur bocal, pour le divertissement d’un grand demeuré céleste.



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