Assange est symptomatique des limites de l’idéal de liberté qui a été souhaité puis promulgué comme seule force morale en Occident. Mais si le conservatisme atlantique peut effectivement être tatillon sur les questions de défense, c’est de bonne grâce que sa bête noire socialiste, mais néammoins ordre de rappel tant au niveau économique que politique, incarné ici par le gouvernement Correa, le tatonne sur les vertus dont il se pare. Personne n’est dupe, la liberté pour un conservateur s’arrête à la défense et en général, aux gros intérêts.
Mais, dans les faits, quelles ont été les conséquences du site de Wikileaks ? Plutôt bonne pour les valeurs occidentales, puisque ces fuites auraient participé du printemps arabe, permettant même à certains d’accuser Wikileaks d’être une entreprise de manipulation au service des occidentaux. Etant donné la position d’Assange aujourd’hui, on peut douter du bien fondé de ces allégations. Il est donc difficile d’imaginer que d’un point de vue conservateur, les conséquences de Wikileaks soient si répréhensibles.
S’il s’avérait qu’Assange finisse condamné aux US, il est difficile de ne pas entrevoir des conséquences plus désastreuses que de voir exposés sur la place publique quelconque coup tordu occidental dont la mise sur la place publique s’est bien passé de Wikileaks jusqu’à présent.
Bref, le gouvernement Cameron est acculé à ses propres contradictions, mais on ne pouvait pas s’attendre à beaucoup mieux de sa part.