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Commentaire de epicure

sur Deux manières de croire que le respect des autres est un effacement de soi


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epicure 15 septembre 2012 21:27

il y a deux problématiques différentes dans cette histoire :
- l’acceptation de l’autonomie des individus ou pas

-la réciprocité ou la non réciprocité

Ce qui permet de concevoir schématiquement le problème du respect, de l’attitude vis à vis de l’autre de quatre façons :

- une attitude qui favorise à la fois l’autonomie et la réciprocité
 « vivre et laisser vivre », on se respecte tant que chacun n’impose pas son point de vu à l’autre, on met ce qui oppose de côté. On favorise le respect mutuel.

- une attitude qui favorise l’autonomie mais sans la réciprocité des uns vis à vis des autres.
Chacun fait ce qu’il veut, il ne faut rien dire même si cela nuit à autrui. C’est l’attitude relativiste.
Mais, c’est l’attitude égoïste, au niveau personnel c’est la revendication de sa propre autonomie, qui doit s’imposer face à toute autre considération, « me montrer du respect, c’est pour les autre me laisser faire tout ce que je veux », c’est l’attitude sans gêne.

- une attitude autoritaire/intolérante mais réciproque, égalitariste en fait, c’est à dire que soi et les autres on n’est pas libre de faire ce qu’on veut et tout le monde se soumet aux mêmes règles et contraintes, aux mêmes traditions, établies par le groupe majoritaire ou dominant.Le respect se gagne en devenant identique. C’est par exemple l’assimilation. Ce qui est rejeté c’est l’expression, la revendication de la différence, pas la personne si elle se dépouille de ses différences. C’est une intolérance conditionnelle.

-une attitude autoritaire/autoritaire, intolérante , mais non réciproque, inégalitaire, l’autre est considéré comme inférieur et fondamentalement différent, et doit se soumettre à des contraintes qui ne s’imposent pas à soi, tandis que l’on revendique la supériorité de ses actions Il n’y a pas de respect possible. Contrairement à la conception précédente ce n’est pas l’expression de la différence qui est rejeté, bien au contraire, elle est recherchée, revendiquée, voire imposée, mais bien la personne de l’autre en tant que porteur de ces différences qui est rejetée comme possible égale. Nous avons donc ici une intolérance viscérale, inconditionnelle. S’il y a une attitude fasciste, c’est bien celle là.

En fait l’attitude démissionnaire , soumise, est une logique intermédiaire entre les deux attitudes non réciproques, entre le relativisme qui laisse tout faire, et l’autoritarisme qui limite l’autonomie de l’individu et où ce dernier en fait s’efface devant d’autres considérations supérieures, ici l’individu limite son autonomie en se soumettant à des traditions, des coutumes, des croyances. Confondant la tolérance avec le laxisme, limiter des pratiques culturelles, religieuses ou autre, cela devient de l’intolérance à ses yeux, même si ces pratiques sont elles mêmes intolérantes, montrent peu de respect pour l’autre ( par exemple pratiques sexistes ). Mais contrairement à l’autoritaire non réciproque , il se met en dessous de l’Autre, de ses croyances, traditions etc... Donc il se soumet aux agissements de l’Autre, sinon il culpabilise de se sentir intolérant.
D’un côté on crie à la tolérance, au respect, mais de l’autre on favorise les comportements les moins respectueux, les moins tolérants.


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