Oui c’est un vaste problème, je ne vous le fais pas dire, mais un problème intéressant.
Mais je ne suis pas d’accord avec l’idée que « sans Freud le précurseur il n’y aurait pas eu cette créativité explosive » dont vous parlez. Je pense au contraire que le monopole hallucinant qu’il a réussi à s’arroger sur le vaste champ de l’inconscient sexuel a verrouillé le sujet pour plus d’un siècle et qu’on en n’est encore pas sortis. Ce qui est extraordinaire c’est que malgré le caractère à mon avis objectivement ridicule de ses théories quand on les lit avec des yeux contemporains, le domaine lui appartient toujours. Si ses idées ont été largement discréditées aujourd’hui, son monopole dans le domaine reste tel que c’est toute forme de recherche sur l’inconscient sexuel qui a été discréditée avec Freud. Vous ne pouvez plus aujourd’hui dire que vous travaillez sur l’inconscient sexuel sans qu’on comprenne que vous êtes freudien !
Je l’ai écrit dans mon introduction mais j’ai l’impression que personne n’en a vraiment pris la mesure : Catherine Meyer, coordinatrice du fameux Livre noir de la psychanalyse, propose par exemple dans Les nouveaux psys, une somme synthétique des connaissances actuelles sur l’esprit humain dans laquelle, en 800 pages, le mot sexualité n’apparaît que 4 fois, et de façon anecdotique. Si vous considérez encore après cela que le précurseur a ouvert la voie à une recherche créative qui explose aujourd’hui !... Non, toute recherche sur l’inconscient sexuel a été rendue impossible par Freud parce qu’il a tout fait, de son vivant, pour la verrouiller et plus d’un siècle après, il y parvient toujours ! Le monde de la psychologie ne s’est toujours pas ressaisi.
Tobie Nathan par exemple, bien sûr c’est sympa, mais il n’a pas de théorie sur la formation inconsciente du désir sexuel. Et ce n’est qu’un exemple parmi mille autres.