Le théorisation du racisme ne vient-elle pas du fait des premières interrogations sur sa légitimité.
Dans l’antiquité, elle semblait aller tellement aller de fait qu’il était bien inutile d’en faire une sujet de réflexion, tant les « peuples élus » : Romains, Grecs, Hébreux, étaient sûrs de leurs supériorité sur les autres.
Le conception selon laquelle l’utilisation de la notion de racisme
dans l’Antiquité est un anachronisme, est remise en question par les
travaux de l’historien Benjamin Isaac qui propose la notion de
« proto-racisme » traversant l’Antiquité grecque puis romaine, notion
qui relève déjà d’un « racisme conceptualisé, fondé sur une
argumentation d’allure scientifique .
La pensée proto-raciste, qui évoluera évidemment au fil des siècles et
des déplacements de centres d’influence et de pouvoir, se fonde, selon
l’historien, sur deux théories qui ne seront que peu remises en
question : d’une part, suivant le traité Des airs, des eaux, des lieux datant du cinquième siècle avant JC, et attribué à Hippocrate,
un classement déterministe des groupes humains basé sur la géographique
qui définirait « des traits de caractère collectifs immuables », dans
une conception qui induit rapidement une hiérarchisation des peuples ; d’autre
part, la notion plus radicale de « pureté de la race », commune aux
Grecs et aux Romains, qui préconise de ne pas se mélanger à d’autre
peuple pour ne pas dégrader leur supériorité morale et physique
La controverse de Valladolid, sur la légitimité humaine des indiens
d’Amérique, marque l’arrivée des premiers doutes, qui se développeront
justement dans la société des lumières, où plus d’un philosophe remettra
les canons admis, et politiquement corrects, pour légitimer l’annexion
d’un monde : Montaigne et Diderot ne sont pas des penseurs isolés à cette époque.
C’est tout de même cette société qui est à l’origine de la déclaration universelle des droits de l’homme, déclaration il est vrai bien peu suivie d’effet, du moins dans les actes, puisqu’on verra l’esclavage abolie remis en place. Néanmoins, cet état est le reflet d’une société du doute, qui accouchera de valeurs faisant tache d’huile.
Je ne parle ici que de faits historiques, et d’évolution des mentalités. Mais il va d’évidence que celle ci se conjugue avec des observations qui fait de l’homme une continuation des comportements avec les autres espèces, pourvu qu’on admette que l’homme est un animal comme un autre, en y retirant son caractère sacré.
Ors, depuis le combat de Néantherdal avec son homologue cro-magnon, les rivalités et les peurs ont fait que les espèces spontanément ne se mélangent pas, même si elles sont semblables. Ce ne sera que par un élévation de la pensée et un combat contre les peurs qu’un combat contre le racisme pourra être gagné.