Et je place ici un extrait du texte de Max Vincent sur Michéa le réac qui donne une bonne idée de qui est ce personnage à celles et ceux qui n’auraient pas l’envie ou le temps de tout lire...
"On repose la question : à quoi sert Michéa ? Les livres de ce philosophe
trouvent un écho favorable auprès des déçus du radicalisme, du
gauchisme, voire de la gauche. Des “déceptions” qui cependant ne se
confondent pas : le coté auberge espagnole des ouvrages de Michéa
offrant la possibilité aux uns comme aux autres de faire leur marché en
trouvant ici ou là une argumentation censée répondre à la nature de
cette déception (ou de leur ressentiment).
Parallèlement, le fort
intérêt que suscitent les ouvrages de Michéa dans la presse de droite,
voire dans des cercles situés à la droite de la droite s’explique en
premier lieu par la virulence des critiques de Michéa à l’égard de la
gauche, et plus particulièrement des “intellectuels de gauche” (elles
constituent des “boites à outil” pouvant le cas échéant être utilisées
par le prêt-à-penser de la droite). Mais un tel succès doit aussi être
mis ici sur le compte de la défense des valeurs traditionnelles (de la
famille au mérite, en passant par le travail (9), le civisme, la sédentarité, le patriarcat (10)).
Soit la preuve par Michéa que la critique du capitalisme peut être
reprise par cette droite à la manière d’un fétiche : en gommant,
occultant ou travestissant toute véritable critique du système
capitaliste et de la société marchande. On retrouve là, toute proportion
gardée, une situation comparable à celle de l’entre-deux-guerres, quand
des intellectuels et des groupes situés à droite ou à l’extrême-droite
pourfendaient le capitalisme et les ploutocraties.
On ajoutera, pour ne
rien oublier, que critique du Capital et défense des valeurs
traditionnelles (en mettant de coté la question de l’URSS et des
démocraties populaires) représentaient encore l’essentiel du bagage
intellectuel d’un militant communiste durant les années 60.
Enfin substituer au terme “prolétariat” celui de “peuple” n’a rien
d’innocent. Même si le premier désigne moins qu’auparavant la classe
devant dissoudre les classes existantes nous ne passerons nullement par
pertes et profits le processus d’émancipation, son corollaire. Il arrive
parfois à Michéa de parler d’émancipation, mais c’est chez lui un mot
creux, dépourvu de toute signification, puisque la mention réitérée d’un
“c’était mieux avant”, de plus en plus présent dans ses écrits,
s’inscrit structurellement en faux contre l’idée même d’émancipation (et
il va de soi de toute perspective révolutionnaire).
Nous sommes avec
Michéa dans le registre de la restauration : ici la
restauration du monde des “vraies valeurs”, celles selon l’auteur des
“gens ordinaires”. Le paradoxe étant que ce type de pensée
“réactionnaire” se trouve repris et illustré par un philosophe venant de
la gauche (et se réclamant de surcroît d’un socialisme des origines).
Mais sans doute fallait-il passer par la case Michéa (et cela vaut pour
d’autres, bien évidemment) pour renouveler un genre en voie
d’essoufflement ou réservé aux seuls membres du sérail. Dans une époque
marquée affirme-t-on par le discrédit des idées révolutionnaires et
utopiques un tel talent devait nécessairement trouver à s’employer."
25/10 13:14 - jaja
Mélenchon n’est pas mon ami mais celui de vos anciens camarades staliniens (...)
25/10 12:41 - Jean-Michel Lemonnier
Oui, nous allons en rester là. Simplement, pour votre gouverne : professeur/fonctionnaire, ça (...)
25/10 10:31 - jaja
Et je place ici un extrait du texte de Max Vincent sur Michéa le réac qui donne une bonne idée (...)
25/10 10:11 - jaja
Bon je vais arrêter là....En fait plus qu’un ancien militant du PCF vous êtes (...)
25/10 00:57 - Jean-Michel Lemonnier
Je reprends le fil de la discussion car cette critique de Michéa est d’une nullité rare. (...)
24/10 08:33 - jaja
A lire sur Michéa le réactionnaire.... “Dites à ce Michéa qu’il cesse de tousser : (...)
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