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Commentaire de jaja

sur Mélenchon, oui j'adhère, mais…


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jaja jaja 25 octobre 2012 10:31

Et je place ici un extrait du texte de Max Vincent sur Michéa le réac qui donne une bonne idée de qui est ce personnage à celles et ceux qui n’auraient pas l’envie ou le temps de tout lire...

"On repose la question : à quoi sert Michéa ? Les livres de ce philosophe trouvent un écho favorable auprès des déçus du radicalisme, du gauchisme, voire de la gauche. Des “déceptions” qui cependant ne se confondent pas : le coté auberge espagnole des ouvrages de Michéa offrant la possibilité aux uns comme aux autres de faire leur marché en trouvant ici ou là une argumentation censée répondre à la nature de cette déception (ou de leur ressentiment).
Parallèlement, le fort intérêt que suscitent les ouvrages de Michéa dans la presse de droite, voire dans des cercles situés à la droite de la droite s’explique en premier lieu par la virulence des critiques de Michéa à l’égard de la gauche, et plus particulièrement des “intellectuels de gauche” (elles constituent des “boites à outil” pouvant le cas échéant être utilisées par le prêt-à-penser de la droite). Mais un tel succès doit aussi être mis ici sur le compte de la défense des valeurs traditionnelles (de la famille au mérite, en passant par le travail (9), le civisme, la sédentarité, le patriarcat (10)).
Soit la preuve par Michéa que la critique du capitalisme peut être reprise par cette droite à la manière d’un fétiche : en gommant, occultant ou travestissant toute véritable critique du système capitaliste et de la société marchande. On retrouve là, toute proportion gardée, une situation comparable à celle de l’entre-deux-guerres, quand des intellectuels et des groupes situés à droite ou à l’extrême-droite pourfendaient le capitalisme et les ploutocraties.
On ajoutera, pour ne rien oublier, que critique du Capital et défense des valeurs traditionnelles (en mettant de coté la question de l’URSS et des démocraties populaires) représentaient encore l’essentiel du bagage intellectuel d’un militant communiste durant les années 60.
Enfin substituer au terme “prolétariat” celui de “peuple” n’a rien d’innocent. Même si le premier désigne moins qu’auparavant la classe devant dissoudre les classes existantes nous ne passerons nullement par pertes et profits le processus d’émancipation, son corollaire. Il arrive parfois à Michéa de parler d’émancipation, mais c’est chez lui un mot creux, dépourvu de toute signification, puisque la mention réitérée d’un “c’était mieux avant”, de plus en plus présent dans ses écrits, s’inscrit structurellement en faux contre l’idée même d’émancipation (et il va de soi de toute perspective révolutionnaire).
Nous sommes avec Michéa dans le registre de la restauration : ici la restauration du monde des “vraies valeurs”, celles selon l’auteur des “gens ordinaires”. Le paradoxe étant que ce type de pensée “réactionnaire” se trouve repris et illustré par un philosophe venant de la gauche (et se réclamant de surcroît d’un socialisme des origines). Mais sans doute fallait-il passer par la case Michéa (et cela vaut pour d’autres, bien évidemment) pour renouveler un genre en voie d’essoufflement ou réservé aux seuls membres du sérail. Dans une époque marquée affirme-t-on par le discrédit des idées révolutionnaires et utopiques un tel talent devait nécessairement trouver à s’employer."


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