Bonjour Romain.
Je vous renouvelle mes félicitations et remerciements
Le célinien c’est celui qui, au moment où chacun en est à jouer du clairon, à déposer des couronnes sur les monuments aux morts, ose dire « Foutaises ! »
Mais j’ai toujours une vision dynamique, historiciste, des choses. Je ne connais pas l’objectif seul, je ne connais que le cheminement.
Céline seul ne m’intéresse pas et d’ailleurs il ne pourrait pas exister.
Il me faut Mangin + Céline. Il me faut Bigeard + Ferrat. Il me faut Michel Sardou et Coluche.
Il me faut Juluch et Romain Desbois.
Il me faut tout le monde pour voir à la fois réalité et sens.
Reprenons le duel entre Lifar et Cuevas (dernier duel officiel il me semble)
Je vous ai raconté comment ça s’était terminé.
Or cette fin seule ne m’intéresse pas. Elle ne me dirait rien de l’être humain et elle ne pourrait pas exister sans son début.
Qu’est Curiosity sur Mars s’il n’y avait pas non-Curiosity avant ? S’il n’y avait pas eu autre fois l’impossibilité de le réaliser et même de le concevoir ? Curiosity est pour moi une histoire, un cheminement en une de ses étapes. Ce robot est à mes yeux rattaché et indissociable du passé, de toute l’histoire de l’aviation.
Il a fallu que Lifar et Cuevas se fussent pris de bec en public (orgueil de chacun alors mis à vif et impossiblité de reculer) pour démarrer cette histoire dont j’aime la fin. Il a fallu qu’ils risquassent la mort mutuelle, il a fallu qu’ils s’épargnassent, qu’ils rentrassent chez eux les jambes en coton, pour que dans la nuit, chacun ait envie d’aller embrasser l’autre. « Merci de m’avoir épargné. Nous avons été fous »
Je tiens à cette belle fin mais je tiens donc aussi à son début pas rigolo du tout.
Je ne peux donc pas dire « Il faut que les hommes s’embrassent au lieu de se taper dessus ». Ça serait puéril et insensé de dire ça. Insensé de dire « Il faut vivre en paix »
Je peux dire « Soyons pacifistes. Le cas échéant, acculés, soyons violents mais visons toujours de saisir la première occasion venue, de seconde en seconde, pour reculer de forfanterie, pour finir pacifiés et tous en vie sauve ».
Je ne peux pas dire « Ne soyons jamais violents » car ça n’a jamais existé, sinon à se faire flinguer tels les Indiens de la marche du sel.
Je ne peux pas dire « Cheminons en paix » mais je peux dire « Semons notre chemin guerrier de gestes de paix ».
La réalité nous oblige à constater que chacun a mille occasions de passer agressif ne serait-ce que pour défendre sa peau ou celle de son gosse. Il ne faut donc pas fantasmer d’un monde sans violence. Mais on peut fantasmer que les épisodes violents se terminent comme dans le cas Lifar Cuevas.
Vous parlez du foot comme alernative aux bagarres.
Prenons alors le baby-foot pour régler les conflits entre deux personnes.
Pourquoi pas.
Mais nous ne devons pas perdre de vue le fait suivant : Ce que nous avons à défendre le plus c’est notre vie (ne serait-ce que parce que notre mère nous a foutu cette idée dans le crâne).
Comme il y a compétitions entre nous, la question de notre vie est en fait toujours en jeu, toujours présente en arrière-plan de tout conflit.
Si nous réglons nos conflits les plus graves par un lancer de noyaux de cerises, nous serons trop loin de la mise en jeu de notre vie et le perdant de la partie de noyaux exigera forcément une épreuve plus dangereuse.
Un duel consistant à parcourir 50 m en vélo sur le sommet d’un mur de 20m de haut alors.
Duel au foot, OK mais ça existe.
Un cran plus haut duel à sauter d’un plongeoir de 15m
Un cran plus haut, cran maximal, duel à l’épée au premier sang.
Il faut admettre que nos conflits soient tous réglés par un duel mettant en jeu notre vie ou quelque chose de très proche.
Le duel à l’épée et au premier sang apporte une des meilleures réponses à ce besoin.
Je regrette que les Chefs aient réussi à interdire ces duels au premier sang qui ne faisaient quasiment jamais de morts.
Je regrette que les Chefs aient su nous imposer le service militaire, de devoir de nous battre à mort pour quelque raison d’Etat. A nous retrouver à nous entretuer par millions, même quand nous n’avons aucune dent contre quiconque, même quand nous avons abusé de personne, même quand nous n’avons que des amis. A devoir bombarder même nos amis qui se retrouvent enrôlés dans le camp d’en face.
Si un peuple convient de placer au-dessus de tout le duel au premier sang, vraiment au-dessus de tout, les gens n’iront pas directement à ce maximum.
Ils vont se chamailler de milles manières avant d’en arriver à l’épée premier sang car ça n’amuse personne d’être blessé.
Il y aura donc de temps en temps seulement des duels et chacun tremblera tout en se sentant mutuellement humain, non fou, non jusqu’auboutiste puisque premier sang seulement.
Il faudrait que le peuple se ressaisisse et place au-dessus de tout le principe du premier sang seulement. C’est le seul moyen de faire ressortir qu’en aucun cas, même au sujet d’une désertion, on ne doit aller à tuer.
C’est le duel au premier sang qui permettra à chaque gueux de jeter son gant à n’importe quel prince ou milliardaire.
Ca diminuera immédiatement les écarts sociaux car chacun supportera d’avoir un ou deux ennemis (parce qu’il aura quelque peu abusé d’eux) mais pas 300 000. Un oiu deux duels tous les dix ans, c’est jouable, 300 000 non.
Si les duels au premier sang sont non seulement autorisés mais brandis en Chose suprême, nous éviterons les mille insultes que nous nous lançons quotidiennement puisque chaque insulteur saura qu’il pourrait se prendre le gant de l’autre dans la figure.
Ici, personne n’aurait osé vous insulter. Car doué ou pas à l’épée (nul doute que chacun s’y entraînera alors) chacun peut toujours, au gré du hasard, infliger à l’autre une blessure (qu’on pourrait, par l’entremise de quelque sorte d’armure, limiter aux seuls membres).
Actuellement, à défaut du droit de duel, nous ne tuons plus nos rivaux que par le biais de l’Etat, par le canal de la Justice. Nous plaçons alors notre cible, une personne seule, face à un énorme Goliath. Ce n’est pas équitable, c’est lâche et ça ouvre un boulevard à des tas de comportements hypocrites.
S’il n’y avait plus que les duels au sommet de tout, les chefs règleraient leurs différends en s’escrimant entre eux, sans intermédiaires et il n’y aurait plus de guerres.
Ce sont les chefs, ceux qui peuvent utiliser les effets de masses, qui ont tout intérêt à interdire les duels.
Si quelqu’un me jette le gant dans un contexte de duel au premier sang érigé en chose suprême, je ne me verrais aucune raison de me suicider. Au contraire, j’aurais plaisir à continuer de vivre dans un monde où l’on ne conçoit pas de tuer, même aiu pire des haines.
Alors que si je me vois emmené par les gendarmes pour aller faire la guerre, je trouverais le suicide excellente solution pour sortir au plus vite et sans tuer personne de ce monde qui préfère l’orgueil à la pitié.
31/10 02:29 - norbert gabriel
Belle découverte par cette article très bien fait... Moi aussi je me souviens bien des billets (...)
14/11 12:26 - Agafia
Merci Grandgil pour l’article... J’ai utilisé le repliage histoire de conserver (...)
14/11 12:17 - Agafia
14/11 10:46 - Romain Desbois
Agaffeuse. Vous traitez les gens de lâches sans les connaître et vous voudriez qu’ils se (...)
13/11 13:03 - Romain Desbois
13/11 12:39 - juluch
J’en ai parlé à ma femme.............elle veut pas divorcer !! Lol !!
Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Ubuntu, PHP, MySQL, CKEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
A propos / Contact / Mentions légales / Cookies et données personnelles / Charte de modération