L’époque a bien changé depuis les grandes catastrophes industrielles des années 60. J’habitais Feyzin alors, pour vous situer. Non respect des procédures, mépris absolu des salariés et autres victimes, immunité des coupables, muselage des media, c’était le quotidien de la vie et du travail.
Partout en France, on construisait les grandes centrales nucléaires et pas question pour les citoyens de poser des questions qui fâchent. Votre tribune, Olivier, aurait été impensable alors (d’ailleurs, Internet n’existait pas
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Toute cette opacité et ce dédain des civils a eu des conséquences heureuses à long terme finalement, puisqu’ils ont tellement marqué l’opinion que celle-ci ne sera plus facilement trompée et abusée et que les ripostes se sont mises en place peu à peu. Après l’accident de Tchernobyl, l’attitude des pouvoirs publics fut condamnée et raillée, et la Criirad fut créée dans la foulée. Tout cela va dans le bon sens.
Je pense sincèrement que la sécurité est maintenant prise très au sérieux dans les centrales nucléaires. Notre meilleure protection est le regard de l’étranger. Une catastrophe ferait désordre et il serait impossible de la camoufler. Tout cela grâce au travail de citoyens éclairés et vigilants comme vous Olivier, et je vous en remercie.