Avis de François Pellegrini, militant des logiciels libres, que j’ai consulté, et que je vous reroute
Ce que montre l’article, sur le plan politique, c’est que
la sortie initiale
de Fleur Pellerin sur le fait que la
neutralité des réseaux "privilégierait
Google", puis le fait
de refiler la patate chaude au CNNum, sont des erreurs
politiques
qui nécessitent d’être rattrapées si l’on veut convaincre que
ce
gouvernement diffère du précédent quant à sa vision du
numérique.
La première sortie a été analysée par les commentateurs les
plus
bienveillants comme l’erreur de jeunesse d’une débutante, mais
par
les plus désabusés comme le résultat d’une campagne de lavage
de
cerveau menée par les opérateurs-gestionnaires de contenus,
type
Orange, décidés à mettre la main sur les réseaux, et dont on
sait
leur niveau d’entrisme dans tous les gouvernements.
La deuxième
sortie a été interprétée comme le fait que, se rendant
compte que le sujet
était réellement important, mais soucieuse de
ne pas froisser ces mêmes
intérêts, elle a jugé urgent de se débarasser
du sujet auprès d’une
commission, ce qui a l’avantage de diluer
la gestion du problème entre tous
ses membres et de faire en sorte
que les lobbyistes des opérateurs cessent de
dormir sur le paillasson
de son bureau. Ça a donc aussi conforté la deuxième
explication de la
première sortie. On cherche le souffle et la
vision.
Tout ce qui précède est écrit sans animosité aucune, mais
avec
la froide lucidité du scientifique analysant la situation sur la
base
des phénomènes observés. À moins d’un sursaut bienvenu, mais
peu probable vu
comment l’épisode Nicole Bricq a montré qu’il ne
fallait pas s’opposer aux
grands intérêts industriels, la solution
ne viendra proablement pas de la
France, mais du Parlement européen.
C’est là, comme sur les brevets
logiciels, comme pour ACTA, que se
trouve la vraie marge de
manoeuvre.