Qu’est-ce qui vous pousse à croire que ce que défendait votre interlocuteur en parlant des institutions du passé, c’était forcément les points noirs que vous avez relevé ?
L’expérience. J’ai noté que tous ceux qui nous la jouaient « c’était mieux avant » soit ne savaient pas de quoi ils parlaient, soit occultaient (volontairement ?) les points les moins glorieux des anciennes institutions et modes de pensée.
D’ailleurs, il n’a pas protesté.
Pour certains en effet, les égoïsmes personnels se limitant les uns les autres étaient le moteur d’une société fonctionnant bien, et d’autres ont même avancé que les vices des citoyens étaient les garants du bon fonctionnement de la société, contrairement à la vertu qui la ferait dépérir.
Ils ont en partie raison. Un système strictement égalitaire ne peut pas fonctionner, car le monde physique n’est pas lui-même égalitaire. Et forcer la nature n’est jamais une bonne chose. On peut TENDRE vers plus d’égalité et de bien-être, mais c’est comme l’horizon : un objectif qui s’éloigne d’autant plus qu’on s’en approche.
Ce qui ne nous empêche pas d’avancer.
On pourrait développer, mais non, c’est radicalement différent. Le retour à sa vraie nature, qui peut être le but de certaines philosophies, ne signifie pas le ravalement à l’animalité.
Pour être « ravalé », il faudrait avoir transcendé la nature animale, pas vrai ? C’est un point que je conteste. Nous n’avons pas évolué hors de l’animal. Nous l’avons juste recouvert d’un voile pudique appelé « humanité » mais même si nous pouvons contenir parfois nos instincts, ils font partie de notre nature.
Je doute d’ailleurs que ce soit une bonne chose de se couper d’une part de soi-même.
Dans d’autres discussions, j’ai souligné le fait que désirer une chose qui n’est permise à personne ne fait pas de vous un être discriminé.
Quand il s’agit d’un acte fondamental qui vous limite dans l’expression de vos droits, si.
Un enfant qui n’a pas le jouet qu’il veut car ses parents n’ont pas d’argent n’est pas discriminé, c’est le jeu du système économique et social. Mais les parents peuvent toujours attendre et économiser pour le lui acheter ensuite.
Là, c’est le contraire : l’interdit perdure et rien ne permet de le contourner. Il y a violation flagrante du droit d’un homme ou d’une femme à épouser la personne qu’il (elle) veut au prétexte de l’identité des sexes.
Ainsi, il n’est permis à personne de contracter ce qu’on appelle un mariage avec une personne du même sexe que soi : le mariage est défini comme l’union d’un homme et d’une femme, donc c’est tout simplement un non-sens du point de vue de la loi.
Les définitions, c’est NOUS, citoyens, qui les faisons. Par exemple, le vote a longtemps été une exclusivité masculine. Pour les opposants au suffrage féminin, un électeur, c’était forcément masculin. C’était leur définition.
Je peux reprendre l’exemple du pantalon. Sous prétexte qu’il s’agit d’un vêtement masculin, les femmes se voyaient refuser le droit de le porter. C’est d’ailleurs toujours le cas à Paris, il y a un arrêté municipal qui est toujours en vigueur légalement...
Quelle justification à cette interdiction ? Si les femmes avaient une queue ou quatre jambes, on comprendrait, à la limite. Mais ce n’est pas le cas.
L’orientation sexuelle n’a jamais empêché quiconque de se marier, selon cette définition : personne n’est intervenu pour interrompre la cérémonie à la mairie quand Rosa Von Praunheim s’est marié, à une femme, sous prétexte que c’était un pédé notoire.
Je ne m’attarde pas sur le cas des connards qui prennent plaisir à dénoncer les autres. Il a beau être pédé, cela ne lui donne pas le droit de faire sortir du placard ceux qui ne le veulent pas.
Donc en conclusion : quand vous vous mariez (je n’ai pas besoin de rajouter « avec une personne du sexe opposé, puisque cela est inclu dans la présente définition du mariage), on ne vous demande pas votre orientatino sexuelle, donc les homosexuels ne sont pas discriminés par cette institution.
Sauf que quand vous essayez, on vous répond que vous ne pouvez pas le faire. C’est bien une discrimination.
Désirer qu’une institution ou qu’une loi change parce qu’elle ne correspond pas à vos désirs, cela ne fait pas de vous une personne discriminée, et si vous voulez soutenir le contraire, je vous souhaite bonne chance pour argumenter.
La loi doit changer. Pas pour une question de désir, mais pour une question de principe.
» Les hommes naissent libres et égaux en Droit. "
Or, cela n’est pas le cas dans les faits. Pas encore. Les femmes ont été discriminées. Elles ne pouvaient pas voter parce que femmes. Pas parce elles n’avaient pas l’âge, ou pour d’autres raison, parce qu’elles étaient nées ainsi. Et rien ne pouvait changer leur condition, sinon leur lutte.
Effectivement, si nous suivons la même logique que les défenseurs du mariage gay, on peut très bien affirmer que ceux qui veulent se marier avec des animaux ou des enfants sont discriminés car la loi ne leur permet pas de faire ce qu’ils désirent.
Sauf que le principe de base du mariage ne change pas : une union entre DEUX personnes, jouissant de leurs droits (donc forcément HUMAINS) et capables de contracter une union (donc forcément ADULTES).
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