Ce qu’il y a d’étonnant à propos de cet article du Monde de l’économie c’est qu’il s’en tient à un fait somme toutes banal, le FMI s’est trompé. C’est tout à fait regrettable en somme, ditait-on dans une conversation de salon.
Il aurait été pertinent de souligner les erreur passées de ce même FMI, en particulier en Asie du sud-est.
Après tout, il ne s’agit que de chiffres, que d’argent et que de la vie des autres. Et c’est là que le FMI mérite le nom de structure infâme ! Que va faire le FMI pour réparer ses erreurs ? Rien, sans doute. Business as usual, les affaires, comme d’habitude.
Voilà comment il serait bon de regarder le FMI :
« Il ne s’agit plus de savoir si un énoncé est vrai ou juste, mais seulement de savoir si son énonciation permet que »ça marche« ou non, plus ou moins. Cet instrumentalisme qui écrase la pensée tend aujourd’hui à occuper le vide tant éthique et politique qu’épistémologique, laissé par l’accélération du désenchantement du monde. Au point que cet instrumentalisme, dont Adorno avait remarqué qu’il n’était pas une forme de pensée, mais tendait à devenir la »seule forme« dans laquelle une pensée pouvait se former, au risque de désavouer ce qui appelle à penser, tend à devenir un »métarécit« , une religion, une idéologie, un dispositif dont l’empire s’étend à l’infini. »
(Roland Gori, La dignité de penser, éd. Les liens qui libèrent, 2011, p. 84)