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Commentaire de antoine (Montpellier)

sur Le PCF en son congrès « d'équilibrisme » !


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antoine (Montpellier) antoine (Montpellier) 12 février 2013 14:39

Chère Alinéa,

Mes articles seraient à la fois assez justes et négatifs...Il faudrait quoi donc : ne pas les écrire et, pour éviter le négatif, laisser tomber la justesse (même relative !) ?

En fait c’est toute une conception de la politique qui se profile ici : si l’on vous suit, il faudrait éliminer le négatif de la critique mais, comme j’essaie de le montrer dans mon texte, c’est un autre négatif qui serait à l’oeuvre. Laisser les luttes courageuses qui se mènent en l’état, comme fait le Front de gauche, c’est pérenniser et même accroître l’impuissance à laquelle le peuple est soumis.

Croyez bien que mes critiques ne sont ni la poule ni l’oeuf dans le processus de blocage politique et social que nous connaissons ! Sans que je les énonce, il y a depuis 2010 une dévastation sociale à l’oeuvre ; mes critiques n’ajoutent rien, n’enlèvent rien à ce constat. Le Front de gauche qui a réussi à polariser sur lui les espoirs est en train de décevoir car, sorti des élections, il n’a rien à apporter au mouvement social. De fait il fait lanterner en soufflant sur les braises du mécontentement, histoire de faire le lien avec les élections municipales et européennes de 2014. C’est ce qui s’appelle ne pas être dans le coup de la désespérance sociale. C’est, sous des dehors de gros bras, jouer petit bras.

Le bon peuple risque vite de faire le bilan de cette entourloupe qui le soumet aux aléas électoraux et qui ne lui apporte rien en termes de résistance au quotidien. Le Front National n’en demande pas plus, lui, qui a un autre rapport, au peuple et qui joue de la corde hélas trop facile du fantasme anti-immigré !

Voilà un peu en vrac pourquoi, Alinéa, je persiste à croire que votre positionnement en 2 temps « j’aime la clarté mais je fais avec l’opacité » est une impasse politique : l’autre voie qui consiste à pousser à faire basculer le maximum de gens hors des jeux politiciens et électoralistes n’est pas facile, n’est pas gagnée mais elle est la seule qui peut ouvrir une brèche dans le désespoir des salariés et des pauvres agressés. Ce que fait actuellement le Front de gauche stérilise cette approche.

Ici, en Languedoc-Roussillon, le Front de gauche est trop empêtré dans ses contradictions pour engager le moindre rapprochement avec un NPA qu’il a éjecté de l’unité réalisée en 2010. Nous lui proposons, sans rancune, mais dans la clarté de faire une unité d’opposition au gouvernement mais comment voulez-vous que le PCF accepte avec tout ce que j’évoque dans mon texte ? Il faudrait donc que le NPA baisse la garde et fasse l’unité avec un parti qui cautionne tout ce que fait le PS localement, sans parler du rapport au gouvernement ? Pour quel résultat : la perpétuation de l’équilibrisme actuel qui participe du blocage du mouvement social ?

Nous participons, NPA 34 et FdG 34, à un comité de soutien à la lutte des Sanofi de Montpellier avec des syndicalistes de cette boîte mais il fonctionne en sous-régime et se borne pour l’instant à interpeller les élus et faire de l’info vers la population : mais le Front de gauche n’en fait pas un axe de ses interventions et en est à ne pas vouloir qu’apparaisse la participation des partis dans ledit comité ! Histoire probablement que le débat politique sur le « comment » élargir la lutte ne soit vraiment posé...

Bref le chantier de l’unité pour les luttes est ouvert, autant dire qu’il n’est pas allé loin... Mais le déclic viendra ou ne viendra pas des boîtes en lutte elles-mêmes. Elles seuls pourront créer une sorte de rapport de force obligeant les politiques mais aussi les syndicats à bouger ! C’est ce que les PSA et ceux qui ont commencé à converger par des manifs sur Paris ont commencé à faire... Espérons-le...


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