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Commentaire de easy

sur Lagrange au secours de la cosmologie moderne


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easy easy 21 février 2013 12:03

****« Tu finiras toujours par choisir, parceque tu veux vivre. »****

La première fois que j’ai repoussé les métaphores c’était quand j’ai entendu Indira Gandhi lancer, lors d’une campagne politique :« L’opposition, c’est comme une orange, unie à l’extérieur, divisée à l’intérieur » 

J’ai vu la manipulation par l’enfermement d’une personne dans une image simpliste

Dito pour « Il faut travailler plus pour gagner plus » 
Pour « Le travail rend libre »



Au fond, les gens ne sont pas cons. 
Sur le coup, ils ne disent rien mais de retour devant leurs pénates, ils réfléchissent à ces métaphores ou aphorismes et prennent du recul.
C’est certain, ils ne sont pas naïfs.
Mais le Verbe l’emporte.
Ces aphorismes sont trop beaux et ils ont prouvé, sur place, lors du meeting, qu’ils imposaient le silence aux auditeurs.
Ah la formule
Ah le sens de la formule

La tentation est alors énorme pour ceux qui n’y croient pas, de les citer à leur tour. Les gens répètent des aphorismes parce qu’ils sont efficaces sur le coup, même quand ils n’y croient pas.
Mieux, ils les répètent afin de voir si quelqu’un peut produire sur le champ de quoi les casser. Tant que personne n’aura cassé « Pierre qui roule n’amasse pas mousse » les gens l’utiliseront comme arme pour fermer un bec

Il y a donc des créateurs de formules (ils les utilisent, ils les utilisent pas, ça dépend) et, si nul n’est con, il y a beaucoup de gens qui ne savent pas créer, inventer des formules. C’est uniquement ce fait de l’incapacité de beaucoup à inventer des aphorismes, qui produit la répétition d’aphorismes pondus par des créatifs 



Je déteste l’âne de Buridan, comme je déteste l’allégorie de la caverne
Mais au seul sens où je desteste celui qui les utilise pour se hisser
(Ce n’est pas tant l’épée qui est le problème que celui qui s’en sert. J’aimerais bien dessiner, fabriquer des épées mais je ne voudrais pas qu’on s’en serve)

Alors que nul n’a jamais vu un âne se laisser mourir entre eau et avoine, alors que nul n’a jamais vu des gens rester coincés au fond d’une grotte, on s’est enthousiasmé pour ces formules parce qu’on ne savait pas en pondre d’autres (Platon lui-même l’ayant acheté à un pythagoricien)



Bin oui : « Tu finiras toujours par choisir, parceque tu veux vivre »

Voilà qui invalide Buridan



Votre texte, en dialogue, comporte une dominante réflexive douloureuse à la Poe
Son personnage principal vacille, se ressaisit, résiste au trouble, sort sa règle à calcul, revacille, sort sa loupe, doute...

Il y a ce principe d’exploration des intériorités chez Dostoïevski mais les débats intérieurs sont alors exposés par un oeil tiers, externe


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