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Commentaire de easy

sur La cabane au fond du jardin


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easy easy 22 février 2013 11:38

C’est d’intelligence naturelle que de parler de ça et d’aller ensuite sans complexe vers la recherche de solutions

Nous avons développé une intelligence spéciale, celle que provoque la vie en milieu anonyme
Le milieu anonyme surgissant de la cité

L’anonymat vient du grouillement citadin 


Cette intelligence s’est développée dans une seule direction : hommiste

Mettons que Pierrafeu, toutes antennes tendues vers la nature, développait une intelligence tous azimuts donc sphérique

Mais avec la cité et le fait de l’anonymat qui engendre inévitablement le mensonge, la dissimulation donc la déresponsabilisation de tas de choses qu’on peut cacher aux autres, notre intelligence d’est très fortement développée en anonymisme

(D’où surgit le concept d’individu détaché de tout ou plus exactement raccordé à ce qu’il veut quand il veut, quand il en a besoin. D’où surgit l’argent. D’où surgit le prométhée. D’où surgit celui qui est plus génial que les autre. D’où surgit le paraclet. D’où surgit la religion anaturelle. D’où surgit la philosophie)

Notre intelligence anonymiste est très grande. Mais elle a forme de protubérance, elle n’est pas tous azimuts, elle n’est plus sphérique.
Nous, BHL et Pape compris, avons une intelligence de footballeur.
Notre relation avec la nature est très médiate.
Et encore avons-nous 15% de notre population qui vit en relation immédiate avec la nature ! Sans eux, de notre intelligence nationale immédiate naturelle, il ne resterait plus rien. Nous ne serions que protubérance citadiste autorisée par le rêve éveillé.




Sont désormais rarissimes les pays où se tolèrent depuis toujours des ethnies, les unes sauvages, les autres citadistes. 
Au Vietnam, coexistent l’énorme ethnie Viet des plaines où s’élèvent les cités et des dizaines d’ethnies montagnardes, parfois très sauvages. Cet ensemble de gens qui va des plus urbains et textiles aux plus villageois et nus, se supporte depuis toujours.
Mais il y a un sujet qui les sépare profondément d’un point de vue éthique-moral-responsable : celui de la merde en son rapport à l’eau

L’ethnie Viet se démerde comme les Français en particulier depuis l’hyper anonymisme colonial et ça désespère les sauvages. 
Ce ne serait pas exagérer de considérer que ce dépit qu’éprouvent les villagistes devant la manière qu’ont les citadistes de traiter la question de la merde depuis 130 ans est la chose qui les fait fuir vers les sommets des montagnes (Ce sont de petites montagnes toujours arborées).
Les sauvages ont besoin d’eau potable (L’ethnie Moï se promène toujours avec une gourde en courge séchée). Il ne leur est pas concevable de se déresponsabiliser des conséquences de leurs déjections. Ils leur est impossible de penser « Ah ban je vais me débarrasser de ça et après moi le déluge ». 

Les ethnologues nous rapportent souvent le fait que des peuples se nomment « Nous les vrais hommes » 
Mais au fond, les sauvages, quand ils découvrent le comportement des anonymistes, ils iraient plutôt à dire « Nous les vrais naturels » (Les autres leur semblant être des théâtralistes de la comédie homme-homme)


Nabum nous propose une vidéo où l’on voit un homme qui explique les toilettes sèches
Il dit sa jouissance de penser à son caca utile pour son jardin. Il est fier de son étron.
Son esprit n’est alors plus du tout anonymiste. (Alors que la princesse palatine reste anonymiste)
Il considère son caca comme relevant de sa seule responsabilité, de son hypostase très personnelle. Oh, il n’irait pas jusqu’à prétendre que son caca est de meilleure qualité que celui de son connard de voisin, mais pas loin : J’ai tellement soigné et aimé mon caca qu’il ne peut être que Mmmeilleur !

L’anonymisme pousse à vite mélanger nos ordures au tas général pour ne plus avoir à en répondre : Quoi ? Cette merde ? A moi ? Prouve-le ! 
L’anonymisme offre de faire des enfants dans le dos des autres. Ça ne peut que conduire à des conséquences globales désastreuses, certes écologiques, mais aussi sociales. Même du seul point de vue homme-homme, ça conduit à des comportements pervers.

Parmi les perversions de l’intelligence citadiste, il y a la technicisation de notre corps et de notre métabolisme. Ce qui le touche, ce qu’il voit, ce qu’il entend, ce qu’il sent, ce qu’il mange, de qu’il malade, ce qu’il sue, ce qu’il pisse, ce qu’il boîte, ce qu’il chie, ce qu’il pense, ce qu’il respire, ce qu’il cardiaque, ce qu’il bronze, ce qu’il poil, ce qu’il sexe, ce qu’il éjacule, ce qu’il enfante, ce qu’il dit, tout est technicisé 

Une montagne de technique pour retirer un poil avec un laser

Autrefois, on le regardait notre étron au sol ou au pot. On l’examinait avec nos sens (Cf. Le dernier empereur). Maintenant, il n’y a pas à le regarder ou à le sentir, il y a à plonger une languette plastique dedans, à la placer dans un pot plastique, à placer ça dans une enveloppe plastique et à l’expédier au labo qui nous dira ce qu’il en est de Moooooa. 
Cette focalisation, cette névrose à nous techniciser, à nous médicaliser, à nous analyser à travers une intelligence citadiste nous coupe du naturel

Même nos amours et nos larmes sont technicisées tant il y a d’acteurs qui les jouent sur commande

 

A mon sens, quelles que soient les mesures prises par les administrateurs des cités, (pesage des ordures, pesage des cacas, caméras, censure Internet) l’anonymisme ne fera que croître
Il n’y a pas de remède aux perversions que provoque l’anonymisme de la cité


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