Dans l’analyse que font les Français de l’ontologie de notre situation psychologique, la tendance constante est de dire qu’il y avait des angoisses originelles, dont celle du non-savoir.
Et pendanat qu’on s’efforce d’en extraire la preuve, on fait l’impasse sur l’incidence de la cité et de l’anonymat qui en résulte
L’homme primitif avait des angoisses de bouffe, de climat et de santé. Mais rien ne lui semblait plus étrange que l’homme en ce qui était parfois hors-clan.
Deviner l’entreprise d’une bestiole, vers où va se déplacer un troupeau, était problème. Mais problème non profondément angoissant. Ça ne génère pas le concept de diable, de fourberie, de méchanceté.
Alors que l’existence de la tribu voisine, si elle pratique une activité inconnue, ça file une angoisse terrible
Lorsque le voisin mange la même nourriture que soi, se montre préoccupé par la gestion des poissons du lac, Ouf, l’angoisse baisse « Il a les mêmes soucis que moi, Comme je ne compte pas agresser ce type dans son sommeil, lui non plus probablement »
Les choses commencent à changer lorsque des gens qui ont en commun de se prendre la tête sur la gestion du troupeau de bisons, voient débouler des gens qui flinguent ces bestioles en démontrant qu’elles ne voient pas la gestion de la même manière. On se demande alors à quoi ils pensent ces cow boys qui se démerdent tout autrement, en élevant des vaches.
Le chasseur flippe déjà devant l’agriculteur et l’éleveur
Mais quand surgit la ville, les citadins se retrouvent face à des gens qui vivent de quoi ?
Ils n’en savent rien.
C’est cela le nerf de l’anonymat.
Le drame de l’anonymat n’est pas dans le fait qu’on ne puisse mettre un nom sur chaque visage. Il est dans le fait qu’on ne puisse pas mettre une activité, donc un coeur de préoccupations, sur chaque visage. Comme on ne sait pas ce qui est au centre des pensées de celui qu’on croise, on angoisse profondément de l’autre et, in fine, de soi.
Le seul non-savoir qui nous angoisse est le non-savoir de la pensée des autres humains etn in fine, des siennes
Un bal masqué est archi en dehors de la réalité.
C’est tout sauf ancré dans la réalité.
Mais alors que tous les visages sont masqués, chacun est sûr d’une chose : tout le monde s’est pris la tête pour se confectionner un super déguisement donc a pensé comme lui pendant des semaines
Très angoissant est alors celui qui se pointe au bal en montrant qu’il ne s’est pas pris la tête avec ce sujet « Ouh la la, s’il n’a pas pensé comme moi, pendant des semaines, à un costume, c’est qu’il pense tout autrement. Mais à quoi alors ? »
Ainsi, lorsqu’un individu parle, quoi qu’il dise, il se montre occupé par ce qu’il dit, il rassure. On court donc tous à écouter des gens s’exprimer. Au moins, on sait ce qu’ils pensent, même si...
C’est le silencieux qui inquiète
Alors que dans le village primitif, les gens n’avaient pas besoin de parler pour démontrer où étaient leurs préoccupations, dans la cité, les gens doivent parler pour montrer leurs préoccupations, pour rassurer
Comme nous sommes devenus très réflexifs moi-moi, chacun se rassure en s’écoutant parler
Si nos savants, que nous savons capables de mille choses, ne nous exposaient pas chaque jour leur trouvaille (Ouf pas dangereuse, même sympa) nous serions malades d’angoisse en imaginant ce qu’ils manigancent. Nous en sommes à nous intéresser, à acheter leurs bidules pour les encourager à toujours montrer ce qu’ils ont en tête
Et vous voyez que tout ça ne suffit pas à nous rassurer vraiment puisque nous sommes devenus complotistes
Une moindre cachotterie, un moindre mensonge découvert et Brrrr, nous angoissons en imaginant les coups les plus tordus
Nous n’avons aucune peur de l’atome, aucune peur de dieu, aucune peur des lions.
Nous n’avons peur que de l’homme de la cité parce que nous savons les mille coulisses qu’elle offre
T’es là en train de ramasser tes pommes, soudain un huissier, soudain un policier, soudain un voleur, soudain un missile Tomahawk...
03/03 17:15 - lion2101
Pensée simpliste et binaire. D’ailleurs dans le miroir ce n’est pas soi qu’on (...)
25/02 11:36 - Shawford42
Pas le temps, pas le temps, il est toujours temps de participer. Toi t’es le 13 juillet (...)
25/02 11:07 - easy
***Tu comprends toujours rien ?*** Non mais je ne suis pas une bonne référence pour comprendre (...)
25/02 10:49 - Shawford42
Pas grave, y’a eu une apparition entre temps ( :-) ), mais je ’en réjouis pas trop (...)
25/02 10:43 - easy
Shawford, Je ne comprends pas de quoi tu parles Il m’arrive très souvent de dire (...)
25/02 10:16 - Agoranymous633
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