Allez, tant que j’y suis de digresser, avec votre permission Loup Rebel, je vais vous dire un mot sur la visite silencieuse
Au Vietnam, un jeune va rendre visite à sa mère, à un oncle.
Il arrive, salue d’une inclinaison mains jointes, ne serre pas la main. Le parent étant aîné ne s’incline pas et dit « Salut neveu »
Le neveu commence par demander s’il s’est passé quelque chose de rare. L’aîné lui répond « Que de l’ordinaire » et lui propose à boire, lui sert à boire et poursuit ses activités. Le neveu boit son verre, se lève, erre, trouve un truc à faire, une salade à laver, un meuble à essuyer, il passe le balai. Puis, il demande la permission de partir, ils se saluent et la visite est terminée. Ça a duré une heure ou deux.
Et ils ne se sont rien dit de plus que ce que j’ai mentionné.
En l’occurrence deux copines peuvent être assises sur un banc, pendant une heure, sans dire un mot.
Il n’y a pas d’inquisition des âmes.
Le confucianisme c’est l’agnosticisme
« Dieu, par définition est inaccessible. Fou celui qui cherche à le connaître. Occupons-nous plutôt de gérer l’Etat afin que notre vie ici soit harmonieuse »
La conséquence c’est qu’il n’est pas non plus question de prétendre connaître une personne.
Même le valet est inaccessible (on s’attend à ce qu’il soit capable de pondre une pensée remarquable).
Fou celui qui prétendrait comprendre la pensée intime d’autrui.
On conbsidère connaître suffisamment les gens à partir de ce qu’ils produisent de paroles spontanées et de paroles très travaillées (telles les pensées, devises, maximes...)
On n’a pas à les fouiller
Quand on raconte quelqu’un, on raconte donc ses paroles encadrées.
On ne spécule ni ne brode sur ce qu’il n’a pas dit de lui-même.
Du coup, chacun est avare de paroles et soigne ce qu’il dit
Du coup, c’est se salir que de rapporter des paroles banales ou vulgaires, que de rapporter des bruits de couloir.