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Commentaire de voxagora

sur A l'attention de tous les Maires qui ont l'intention de célébrer ‘'le 19 mars 1962''


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voxagora voxagora 3 mars 2013 10:45

J. Mourot, puisque vous prenez la peine de vous adresser à moi.

Je connais bien ces articles de la ligue qui s’approchent de la vérité parce que ces gens sont au fond généreux, et que la réalité les titille, et la fréquentation des êtres, aussi, et à Toulon ils sont servis, puisque s’y côtoient plus qu’ailleurs harkis, pieds-noirs, tenants du FLN et francaouis pur jus.
Mais ce qui les aveugle est finalement le plus fort parce qu’ils finissent toujours par une conclusion qui retourne les choses pour les repositionner, par forçage, dans la légende dont ils ne peuvent pas se défaire au risque de renoncer aux idéaux leurrants (ce serait noble pourtant) ni surtout renoncer à leur .. fond de commerce (malheureusement ..).
Vous êtes dans la position de celui qui prend la peine de m’enseigner patiemment, avec constance et aveuglement, que mes yeux sont verts alors qu’ils sont bleus. 
En soixante ans, je suis passée d’une scotomisation de la réalité à cause de constructions totalement imaginaires dues à un idéalisme imbécile (au sens de naïveté absolue), 
à une difficulté à admettre cette réalité parce qu’elle jetait à bas ce dans quoi je croyais. La différence avec mes compagnons de 68 qui ont eux aussi renoncé à la fable communiste tragique, c’est que certains n’arrivent pas à aller au bout du processus, et englober l’Algérie dans la désillusion. 
Et ils peuvent le faire parce qu’un bouc émissaire est désigné, sur quoi ils préfèrent s’acharner pour .. se sauver eux-mêmes. 
Ma recherche forcenée, inlassable et pulsionnelle (la pulsion épistémologique) de la vérité de chacun, et de la vérité en général, m’a aidée à faire coïncider les éléments de connaissance culturelle et la réalité, et ma passion de la lettre à décrypter les discours. J’ai parcouru toutes les pistes, j’ai fini de m’y égarer.
J’ai pu le faire aussi parce que ceux qui m’ont élevée, pauvres pieds-noirs, étaient si respectueux, mais aussi si blessés et médusés comme le sont encore beaucoup d’entre eux, qu’ils m’ont regardée m’égarer sans jamais intervenir. 
Des victimes absolues, dont même le désir et la force de se défendre tombe devant la distance à parcourir pour atteindre la compréhension de l’autre : quoi faire, quand celui qui vous regarde, et qui possède la force de dire la couleur des yeux des autres, dit que vos yeux sont verts, même s’ils sont bleus.
Mes parents ne sauront jamais que je les ai rejoints, c’est le seul prix que j’accepte de payer.
Moi je serai passeuse de la vérité, pour mes enfants et leurs descendants à venir.
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