tout n’est pas perdu, voici un texte en français écrit par un fils d’immigrés italiens et né au Maroc, moi !!
LE MINISTRE ET LE GUEUX
Une veille de Pâques, journée de sainte fête
Un riche et beau bourgeois, médecin de son fait,
En plus d’être un élu bien plus qu’honorable
Regagnait sa demeure, manoir si confortable
Le château de l’édile, entouré d’un grand parc,
Blotti le long du lot, se nommait cahuzac .
Et l’homme était donc fier de cette acquisition,
Conquise de haute lutte… par sa transpiration.
Conduisant lui-même une luxueuse berline
Dont il est vain ici de citer le modèle
La malle débordant de victuailles fines,
Caviar, foie gras, fruits de mer, vin de Moselle.
L’esprit de l’élu vagabondant sans cesse
Non aux agapes à venir, peu féru de la table,
Encore moins attiré par l’Ostie de la messe,
Mais plus par son statut de futur ministrable.
Après tant d’efforts serait-il enfin nommé
A ce poste au budget, siège de tous les pouvoirs
Qui sera pour lui le blanc seing à jamais
Qui blanchira c’est sûr, ses coupables avoirs.
Quand au détour d’un chemin une vision inouïe
Lui fit découvrir un homme à quatre pattes
Broutant d’une bouche avide l’herbe de la prairie
Avec autant d’entrain qu’une assiettée de pâtes
N’écoutant que son cœur le ministre freina
Descendit du carrosse et héla le brouteur
Vous n’avez à manger rien d’autre que cela ?
Venez donc, mon brave, allons en ma demeure
Nous allons vous fournir de quoi vous sustenter
Il ne sera pas dit qu’en cette veille de fête
Un élu de la nation puisse un homme laisser
Se nourrir dans un champ à l’instar d’une bête !
L’homme très humblement remercia l’édile
Et déclina son offre, invoquant sur-le-champ
Qu’il ne vivait pas seul, chargé de sa famille
Si nombreuse que pour nourrir il eût fallut deux champs.
Qu’à cela ne tienne répondit l’autre hardiment !
Mon parc se doit d’être tondu, il est immense.
Menez votre famille et tout votre entregent
L’herbe y est si grasse que vous ferez bombance !
JPS