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Commentaire de Antiochos

sur Le Front national Venner la République


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Antiochos 24 mai 2013 16:36

Le PS ne récupèrera jamais totalement les ouvriers. Déjà que ce n’était pas son électorat de départ et ce depuis longtemps (les ouvriers votaient PC et sont passés au FN ou à l’abstention), la SFIO des années 30 ne l’était pas non plus. Terra Nova qui conseillait de laisser tomber toute ambition électorale du PS à leur égard est moralement moche mais politiquement juste. Le PS est devenu un parti de gens « bien dans leur époque », économiquement et/ou culturellement. Le fait d’abandonner une partie de la population devenue de fait inutile, dans un système économique qui tuera inéluctablement la classe moyenne (parce que l’on est de plus en plus dans une séparation entre ceux qui ont des compétences techniques à vendre et les autres) n’a jamais été traité par le PS de manière satisfaisante. Eux voient la précarisation et l’aide sociale comme des remèdes. Sauf que d’une ce ne sont pas les CDD et le RSA qui font des conditions de vie de classe moyenne à 2000 euros, et pire encore, ce n’est pas en maintenant la tête au dessus de l’eau économiquement que l’on règle le problème. Des gens qui n’ont plus leur place dans le monde, ou bas dans le système, c’est un affront sur le plan symbolique et ça c’est impardonnable. C’est la raison qui fait que le PS est haï dans de nombreux milieux ruraux ou périurbains, parce qu’il symbolise un monde perçu comme absurde et sans perspectives, à qui il oppose le spectacle de son propre électorat de bourgeois des nouvelles technologies, de fonctionnaires et d’immigrés. Le PS peut rien faire de toute manière, sauf à dire que la technique n’est pas une fin en soi et donc à fâcher une part de son électorat. C’est cruel mais ainsi.

La gauche et la collaboration est un sujet qui a fait l’objet de recherches depuis longtemps. Sa forme caricaturée est très présente chez des activistes catalogués atlantistes et néolibéraux (comme Philippe Nemo) ou des sites libertariens. Après, elle a des modes de diffusion classiques du net, les sites-miroirs et la propagation d’un discours dans des cercles plus larges. Ces groupes ont un but, c’est de raidir toute opposition parce qu’ils sont des extrémistes qui ont besoin de cliver. Ils ont une idéologie qui est toute d’un bloc, donc ceux qui sont contre eux sont des nazis, c’est à peu près leur credo. Aux USA, les tea-party ont représenté Obama en Hitler, parce que dans leur logique, Obama=médicare=état tentaculaire=nazisme, peut-être que l’origine en France du discours sur la collaboration est une transposition en Europe. Ce serait à vérifier. En tout cas, ce discours qui veut relier toute forme de constructivisme social (même du simple réformisme) au totalitarisme ne date pas d’hier, on le trouve déjà chez Hayek (un précurseur du néolibéralisme) dans les années 40.

Le nazisme n’a pas été un recours pour la droite conservatrice. Ils ont pensé en faire un allié électoral temporaire, parce que leur alliance était nécessaire pour un gouvernement qui permette de sortir de la crise politique allemande. Mais il n’était pas question pour eux d’installer Hitler au pouvoir à long terme. D’ailleurs, Hitler chancelier n’avait que deux membres du NSDAP ministres, le but était de le contrôler, sûrement pas d’instaurer les défilés de Nuremberg et encore moins d’emmener l’Allemagne dans une guerre contre le reste de l’Europe.


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