• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de Gonzague

sur Lettre ouverte à Claude Hagège


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Gonzague Gonzague 25 mai 2013 09:11

Je ne sais si l’auteur de cette tribune est sérieux ou non. Tous les ingrédients de la parodie y sont présents, de l’outrance du propos au vocabulaire exagérément belliqueux. Imaginons que cet article soit à prendre au premier degré.

Je ne parviens pas à saisir les craintes formulées de ci de là par nombre d’intervenants. L’anglais (le mauvais anglais souvent) est la langue véhiculaire actuelle et il est de fait normal qu’elle soit enseignée, que des cours soient tenus dans celle-ci (attendu qu’un enseignement formellement homogène facilite la communication entre les différents pays impliqués dans la chose transmise).

J’habite à Berlin et puis vous assurer que l’allemand, sans toutefois être en danger, est bien plus soumis aux influences de l’Anglo-Américain. S’il est vrai qu’outre-Rhin bien des cours universitaires sont proposés en anglais, il n’en demeure pas moins que l’allemand est tout à fait maîtrisé par tout un chacun, que la littérature et la culture allemandes n’ont pas disparu ensevelies sous le ketchup ni la sauce à la menthe ; au contraire de la langue française en France qui pâtit selon toute vraisemblance d’un désintérêt certain de la part de ses locuteurs (je parle de la population, non des institutions). Le danger ne viendrait ainsi non pas des barbares anglo-saxons mais bien des Français eux-mêmes. En imaginant qu’il y ait danger d’ailleurs, ce dont je doute fortement.

Nous ne sommes et n’avons jamais été le centre du monde, le français, si important soit-il pour nous, les recettes de cuisine, l’Eurovision et l’escrime, reste une langue d’enseignement sans toutefois être LA langue véhiculaire. En outre, et je peux vous l’assurer en tant que bilingue (franco-allemand), une instruction en langue étrangère ouvre de nouveaux horizons qui invitent à un regard critique sur notre propre histoire et permet de saisir bien des choses qu’un onanisme franco-français interdit. 

Si c’est cela que vous appelez « Cheval de Troie », je suis tout prêt à lui ouvrir mes portes. 


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès