Je ne sais si l’auteur
de cette tribune est sérieux ou non. Tous les ingrédients de la parodie y sont
présents, de l’outrance du propos au vocabulaire exagérément belliqueux. Imaginons
que cet article soit à prendre au premier degré.
Je ne parviens
pas à saisir les craintes formulées de ci de là par nombre d’intervenants. L’anglais
(le mauvais anglais souvent) est la langue véhiculaire actuelle et il est de fait
normal qu’elle soit enseignée, que des cours soient tenus dans celle-ci
(attendu qu’un enseignement formellement homogène facilite la communication
entre les différents pays impliqués dans la chose transmise).
J’habite à Berlin
et puis vous assurer que l’allemand, sans toutefois être en danger, est bien plus
soumis aux influences de l’Anglo-Américain. S’il est vrai qu’outre-Rhin bien des
cours universitaires sont proposés en anglais, il n’en demeure pas moins que l’allemand
est tout à fait maîtrisé par tout un chacun, que la littérature et la culture
allemandes n’ont pas disparu ensevelies sous le ketchup ni la sauce à la menthe ;
au contraire de la langue française en France qui pâtit selon toute vraisemblance
d’un désintérêt certain de la part de
ses locuteurs (je parle de la population, non des institutions). Le danger ne
viendrait ainsi non pas des barbares anglo-saxons mais bien des Français eux-mêmes.
En imaginant qu’il y ait danger d’ailleurs, ce dont je doute fortement.
Nous ne sommes et
n’avons jamais été le centre du monde, le français, si important soit-il pour
nous, les recettes de cuisine, l’Eurovision et l’escrime, reste une langue d’enseignement sans toutefois
être LA langue véhiculaire. En outre, et je peux vous l’assurer en tant que
bilingue (franco-allemand), une instruction en langue étrangère ouvre de
nouveaux horizons qui invitent à un regard critique sur notre propre histoire et permet de saisir bien des choses qu’un onanisme franco-français interdit.
Si c’est cela que
vous appelez « Cheval de Troie », je suis tout prêt à lui ouvrir mes
portes.