@ l’auteur.
Vous avez eu le bon goût de parler de ce remarquable film qui, fort heureusement, aura échappé à la pignouferie du jury de Cannes, incapable de distinguer une perle cinématographique dans laquelle l’auteur comme son acteur fétiche font preuve de ce que les Italiens désignent par ce concept difficilement traduisible de sprezzatura, ce je ne sais quoi et ce presque rien qui mêlent élégance et détachement.
La Grande Bellezza va suivre une carrière discrète, sûre, auprès d’un public de choix.
Je ne puis que recommander à mon tour d’aller voir ce film, tout comme l’on ne saurait manquer Il Divo, du même Sorrentiono.
Pour Cristina Campo, la sprezzatura est une
attitude morale qui, comme le mot participe d’uncontexte à peu près disparu
dans le monde d’aujourd’hui, et qui risque de connaître une éclipse définitive. C’est un rythme moral, la musique
d’une grâce intérieure : c’est le tempo dans lequel s’exprime la liberté
parfaite d’un destin, inflexiblement mesurée pourtant par une ascèse cachée. Mais avant toute chose c’est une
façon alerte et aimable de de ne pas entrer dans la violence et la bassesse
d’autrui.
Cristina Campo - Les
Impardonnables - L’Arpenteur.
Tiré de l’excellente notice de Ruines Circulaires, à propos de la Sprezzatura et de B. Castiglione
http://ruinescirculaires.free.fr/index.php?2006/10/13/305-xxxx