Un cri d’amour et de détresse du père d’Amina
Traduction de la lettre de soutien du père d’Amina à sa fille [3]
« Le père d’Amina, activiste Femen (…), sort du silence pour la première fois et déclare : « ma fille a commis un acte »suicidaire« lorsqu’elle a été à Kairouan, eu égard à la présence des Ansar Al Charia [Salafistes Jihadistes] ; et pourtant, elle ne s’est pas montrée le corps nu comme il a été dit, mais elle a été [à Kairouan] comme n’importe quelle citoyenne ». Le père d’Amina a ajouté « ma fille Amina demeurera toujours la fille que j’aime, même si elle montrait tout son corps nu ; car elle est la victime d’une société qui a échoué ; et moi-même, comme père et comme responsable de mes enfants, j’ai échoué avec elle, car aujourd’hui notre jeunesse s’enrôle dans le Jihad en Syrie, va mourir en mer. Et c’est aussi cette même jeunesse qui part faire ses études à l’étranger pour ne plus revenir. Cela cache les maux d’une société, une société qu’il faut soigner et non pas se venger d’elle et de ses jeunes, comme l’a déclaré Samir Dilou : « Amina doit être jugée sévèrement », alors qu’il est Ministre des Droits de l’Homme…. Quant à Sihem Badi, Ministre de la Femme, elle n’a pas bronché et n’a pris aucune position alors que ma fille n’a que 18 ans ».
Et le père d’Amina de poursuivre : « il n’est pas normal qu’on appelle à la traduire devant la justice alors qu’elle est le symbole d’une jeunesse livrée à elle-même depuis la révolution. Et face aux très fortes attaques que subit ma fille de la part des hommes, je me demande où sont les femmes de la Tunisie ? Ce pays est celui de la Kahena, de Aziza Othmana, Radhia Nasraoui, et de bien d’autres femmes ; j’ai aussi essayé, en vain, de joindre plusieurs fois Saïda el Akremi » [avocate et épouse de Noureddine Bhiri, dirigeant historique islamiste et membre du Gouvernement]. Et le père d’Amina de conclure :« J’espère que ma fille aura un procès équitable » ».
Extrait de :
http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/300513/soutenons-la-femen-tunisienne-amina