La réalité est que depuis quarante ans, et quels que soient les partis au gouvernement, on a affaire à la même politique de démolition du patrimoine public et des acquis sociaux. Voir, par exemple, nos articles :
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/09/13/holland e-montebourg-privatisation-de-l-economie-i-49211.html
Hollande, Montebourg, privatisation de l’économie (I)
Le Portail du Gouvernement annonce avec force « 34 plans de reconquête pour dessiner la France industrielle de demain », exposant ce principe formulé par François Hollande et largement repris par les médias : « L’Etat n’a pas à se substituer à l’initiative privée » et incluant une référence explicite à la participation du cabinet McKinsey dans l’élaboration des plans. Au même moment, Leral Net interroge à l’adresse du président sénégalais Macky Sall « Macky, Mckinsey et Plan émergence et si on refusait d’être des « GSM », Monsieur le Président ? » (GSM = Gentils Spectateurs de la Mondialisation) avec cette simple question de bon sens : « ... pensez-vous que le Sénégal et sa Diaspora ne regorgent pas de profils, de structures ou d’instituts à même de réfléchir par nous-mêmes et pour nous mêmes... ? ». Et si le gouvernement français s’appliquait le même principe ? Mais François Hollande va jusqu’à affirmer explicitement que ce sont les entreprises privées qui « connaissent les marchés, les clients, les technologies ». Le gouvernement devant se limiter, de son côté, à la mission fort restreinte de « définir un cadre, d’accompagner et de stimuler ». Appréciation que le Portail du Gouvernement souligne même dans un encadré et qui définit clairement le rôle assigné à Arnaud Montebourg en tant que ministre du « redressement productif ». C’est d’ailleurs, d’après la même source gouvernementale, le cabinet privé McKinsey qui « table à horizon dix ans sur 480 000 emplois préservés, renforcés, créés ». Quelle est donc en la matière la participation concrète des « élites gestionnaires » issues de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) et de l’Ecole Polytechnique, et groupées notamment au sein du G16 avec pour objectif affiché « un Etat fort et bien organisé » garant de la « cohésion sociale » et de la « préservation de l’intérêt général » ? Où est l’Etat fort, alors que l’économie et même sa planification se trouvent à ce point dans les mains du secteur privé ? D’après un article diffusé par Le Monde avec le titre « Les politiques sont-ils à la hauteur ? », François Hollande a récemment reconnu une simple réalité à propos des anciens élèves de l’ENA : « Le privé, avec ses salaires, son ouverture sur l’étranger, ses carrières, a aspiré les plus ambitieux ». Le 13 septembre, Le Quotidien du Peuple analyse « Les marchés émergents restent le moteur de la croissance économique mondiale, selon un responsable du FMI », se référant à des déclarations du directeur général adjoint du Fonds Monétaire International (FMI) Zhu Min à l’occasion du Forum économique mondial d’été qui a lieu à Dalian (Chine). Sur ce forum d’été, Le Temps commente « Les affaires passent avant les discours politiques ». Au même moment, l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) rapporte « Roberto Azevêdo lance une « série continue de réunions » pour assurer le succès de la Conférence de Bali » et Le Parisien écrit « Rennes : Ayrault bousculé par les éleveurs en colère ». Le Monde emploie le titre « Hollande défend ses 34 « plans de bataille » » et souligne cette phrase de François Hollande : « Il ne s’agit pas de revenir aux grands plans des années 60 et 70 où l’Etat était à la fois inventeur, prescripteur, producteur et client final. Ce temps-là est terminé ». C’est donc, en clair, la fin du rôle historique de l’Etat et du secteur public dans l’économie française. Un bien curieux « socialisme ». Etait-il besoin de voter à « gauche » pour avoir affaire à une telle politique qui n’est que la suite aggravée de celle appliquée depuis une quarantaine d’années par tous les gouvernements ? D’après Le Figaro, « Le PS redoute l’effondrement de son électorat ». Si tel est le cas, peut-on raisonnablement s’en étonner ?
[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/09/13/holland e-montebourg-privatisation-de-l-economie-i-49211.html
]
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/09/16/holland e-montebourg-privatisation-de-l-economie-ii-49221.html
Hollande, Montebourg, privatisation de l’économie (II)
Le 16 septembre 2013, Le Soir écrit « Hollande devant les Français : une déception », se référant aux commentaires de la presse qui ont suivi l’entretien télévisé d’hier sur lequel le Journal du Dimanche commente « Hollande, très loin du but » et ajoute même « Copie médiocre pour le professeur Hollande ». A son tour, Le Nouvel Observateur voit « Hollande en service après-vente » et l’Humanité critique « Hollande : des propos très « éloignés de la réalité » », alors que Le Monde relève « « Inconsistance », « désinvolture » et « enfumage » : les réactions à l’interview de Hollande ». Mais sans doute, l’intervention la plus significative de François Hollande de la semaine dernière a été sa « Présentation des priorités de politique industrielle de la France », le 12 septembre, que nous avons commentée dans notre article « Hollande, Montebourg, privatisation de l’économie (I) ».
Jean-Luc Mélenchon relève notamment ces propos tenus jeudi dernier par
François Hollande sur les « 34 plans » gouvernementaux : «
Ces plans ne sont pas sortis de nulle part. Ils ne sont pas sortis de
l’esprit de fonctionnaires, par ailleurs nécessaires, mais qui n’ont pas
toujours la connaissance de ce que peut être l’industrie de demain, ni
de l’esprit de ministres, par ailleurs nécessaires, mais qui n’ont pas
toujours la clairvoyance de l’économie et de l’industrie de demain ».
Une tirade suivie de la proclamation ouverte de la fin de l’époque des
grandes entreprises publiques et des grands projets industriels lancés
par l’Etat. Mais s’agit-il, comme le prétend Mélenchon, d’une « mentalité aigre du rentier très mal informé des réalités du temps long dans l’industrie »
? Bien au contraire, François Hollande, dont la carrière politique a
commencé il y a trente-deux ans avec l’élection de François Mitterrand
en 1981, possède depuis longtemps les moyens d’être très au courant de
ces
réalités. Sa stratégie industrielle ne semble donc pas relever d’une
quelconque ignorance, mais d’un choix conforme aux intérêts du patronat,
des multinationales et des milieux financiers. Le même jour, Boursier.com constatait « Le Medef salue le plan « nouvelle France industrielle » ». Fâcheux, certes, pour la propagande de certains dirigeants du Front de Gauche sur la « victoire commune ». Le Monde emploie le titre « A la Fête de l’Humanité : « Hollande doit revenir à gauche » ».
Mais la notion de « gauche » a-t-elle vraiment un sens politique, au vu
des réalités historiques ? Et la politique de François Hollande
est-elle différente de celle de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC)
dirigée jusqu’à récemment par le « socialiste » français Pascal Lamy,
ou de celle dictée par le Fonds Monétaire International (FMI) que dirigeait il n’y pas si longtemps un autre « socialiste » français (Dominique Strauss-Kahn) ?
[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/09/16/holland e-montebourg-privatisation-de-l-economie-ii-49221.html ]
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
17/09 22:48 - CARAMELOS
Une donnée fondamentale qui est souvent oubliée : HOLLANDE a été élu par défaut, face à un (...)
17/09 20:30 - smilodon
Vu ce qu’est devenue la « politique », pourquoi pas un petit encart dans les pages de pub (...)
17/09 18:20 - Yohan
Hollande continue de nous dire tout va bien, j’ai la situation en main. Il nous prend (...)
17/09 18:05 - Attilax
17/09 17:03 - Vipère
C’était pas obligatoire d’écouter la causerie du Président, alors j’ai pas (...)
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Résiliez donc tous votre ou vos abonnements aux journaux papier, un autodafé avec nos télé. (...)
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