" Par contre-coup, serait aussi radicalement bouleversée la façon dont
nous nous représentons les possibilités de vie proches de la nôtre dans
les milliards de planètes potentiellement habitables peuplant l’univers
proche.«
à l’auteur,
Que l’espèce humaine ne soit pas dans l’univers le seul support d’une activité intelligente, il n’y a évidemment aucune raison d’en douter ; c’est plus que probable. Cela dit, ce qui me gêne toujours un peu, c’est qu’on associe presque toujours l’activité intelligente et consciente à une »vie« qui procèderait de l’évolution des systèmes organiques à partir des premiers assemblages moléculaires un peu complexes. A partir du moment où des êtres pensants commencent à devenir capables d’agir sur la nature, d’accélérer et de modifier eux-mêmes les processus d’évolution - et on voit ça sur notre planète depuis la révolution néolithique -, il n’y a guère de doute que puissent apparaître en quelques milliers d’années des systèmes tout à fait artificiels capables de penser et de se complexifier à l’infini. Avant la fin de ce siècle, on aura probablement sur cette planète des entités tout à fait artificielles, capables de penser et de délibérer elles-mêmes quasi librement sur ce qu’il leur convient de devenir ; quant aux hommes »naturels« , ils seront eux-mêmes tellement farcis d’électronique qu’ils n’auront plus grand chose à voir avec leurs ancêtres. Par conséquent, même si l’ingénierie informatique empruntant aux prochaines avancée de la génétique et des nano-technologies pourra produire des systèmes sans grand rapport avec les processeurs encore bien archaïques de nos »machines« actuelles, on sera très loin de ce qu’on appelle encore la vie.
Dix mille ans seulement nous séparent du néolithique, et dans peu de siècles, la »vie" au sens où nous l’entendons aujourd’hui sera devenue quelque chose de tout autre. Je gagerais qu’à partir du moment où la vie commence à devenir intelligente, l’intelligence, très vite, migre vers des supports beaucoup moins archaïques. Partant, que s’il existe des présences intelligentes dans l’univers, il y a très peu de chance qu’elles ressemblent à ce que nous sommes actuellement, qui correspond à une phase tout à fait transitoire et nécessairement assez brève de l’évolution.