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Commentaire de TicTac

sur De l'avocat obligatoire au médiateur obligatoire, une justice en mutation


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TicTac TicTac 26 décembre 2013 14:24

Il y a de ça quelques années maintenant, je me suis formé aux modes alternatifs de règlement des conflits en matière familiale.

J’ai cru, moi aussi, que cela était la bonne voie, fort de ce contentieux que je vis au quotidien en tant qu’avocat en droit de la famille.

En réalité, c’est un leurre, et pour plusieurs raisons.

La première est qu’il me semble que le conflit est culturel.
J’ai souvent observé que, même si je parvenais régulièrement à régler amiablement des divorces et des liquidations de régimes matrimoniaux, ce n’était qu’après une phase plus ou moins longue de conflit.
Comme si, pour pouvoir accepter un accord, il fallait avant un conflit exacerbé.

Ensuite, il y a la réforme du divorce, qui a non pas supprimé le divorce pour faute comme on le croit communément, mais détaché cette faute des conséquences financières.
Effet pervers, me semble-t-il, sans enjeu, l’accord ne devient pas un graal.
Pour s’accorder, il faut un renoncement de part et d’autre, des concessions mutuelles.

Enfin, dans les séparations, quelles qu’elles soient, il y a une dimension de deuil.
On ne peut accepter un accord qu’une fois chacun des ex-quelque chose arrivés au constat de l’inéluctable.
Souvent, l’un des deux est hermétique à l’idée d’un accord et l’idée d’une médiation est elle-même insupportable.
C’est un long travail que de faire accepter l’idée d’un compromis.
Et cette idée ne vient souvent qu’après avoir tâté de l’humanité de la justice.

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