La question de l’utilisation d’embryons pour la recherche n’est pas une question scientifique mais éthique. Si problème il y a, c’est un problème moral. Ni les scientifiques ni les politiciens n’ont de compétence particulière dans la question, et pour cette raison elle requiert, dans une démocratie, un débat public. Or, il n’y en avait pas. Il n’en était même pas question. La loi a été votée en catimini pendant les vacances d’été.
La nouvelle loi est un changement considérable. Le principe a toujours été le respect de la vie humaine, et ce n’est qu’à titre dérogatoire que la destruction ou l’utilisation d’embryons humains sont permises, par exemple l‘avortement. A présent, il s’agit de faire de la dérogation un principe et de considérer un embryon humain comme une simple masse de cellules, ce qui ouvre la voie à la commercialisation. En effet, ce ne sont pas les chercheurs qui ont demandé cet assouplissement de la loi mais les industriels, et ce sont bien eux qui en seront les bénéficiaires principaux.
Quelle est la situation dans les autres pays ? En Allemagne la loi interdit l’utilisation d’embryons humains pour la recherche. En Suisse, la loi interdit à la fois la conservation des embryons et leur don. Elle ne permet pas, non plus, la fabrication d’embryons aux seuls fins de recherche. En Danemark aussi, la loi limite strictement la recherche sur l’embryon. En Angleterre, par contre, la loi est très ouverte sur la recherche.