Bonjour, c’est Yves.
Je crois qu’en fait, les problèmes dont vous parlez et qui sont tout à fait justes se rapportent au fond à l’attitude des juges. N’oublions pas que ce sont eux qui au final agissent pour punir les délits.
Casseurs la semaine dernière dans les différentes manifestations parisiennes : 3 condamnations, 1 à 3 mois ferme.
Émeutes à l’automne dernier : environ 150 condamnations, même ordre de grandeur. Croyez-vous que ceci soit dissuasif ? Croyez vous que cela incite la police à agir alors que dans 60% des cas les personnes déférées devant la justice sont libres le lendemain ?
Dans la présentation que vous faites du parti-pris de « Libération », il faut noter que malheureusement ce n’est pas qu’une opinion : il s’agit de problèmes auxquels le ministère public est réellement confronté : prouvez-moi que c’est bien lui ! Prouvez moi qu’il a fait quelque chose ! De plus, l’acte est jugé en fonction de sa valeur propre, non en fonction de son impact social : brûler une voiture la nuit pour s’amuser est la même chose que bruler une voiture dans un contexte d’émeute. D’où les condamnations au final assez faibles.
La justice en France évolue de plus en plus vers une science pure, dont les adeptes sont coupés des réalités. Ils ont leurs propres manière de voir et de juger, se sentent indépendants et non responsables devant le peuple français. Déjà ils s’arrogent le droit de déclarer une loi non valable, demain ils paralyseront le pays en s’opposant à ce qu’ils veulent sans être responsables devant qui que ce soit.
Intervenir pour aider une personne agressée ? oui, mais attention : il y a risque de condamnation pour coups et blessures, et malheureusement ce n’est pas un gag ! Même si ce n’est pas la première raison de non intervention (qui serait plutôt la lacheté), c’en est une aussi.
Attaquer une femme seule pour lui piquer son sac ? pourquoi pas ? si l’on est mineur, rien à craindre. Si l’on est majeur, pris et condamné, les risques sont faibles. Alors ça vaut le coup....
Je pense qu’il y a dans la refonte de la justice un enjeu majeur de demain, afin que les juges soient les exécutants de la volonté du peuple (démocratie), et non pas les décideurs (technocratie).
Voilà, c’était Yves.