Le 18 janvier 1957 à l’Assemblée
nationale , lors du débat sur la ratification du traité de Rome créant
le marché commun, Pierre Mendes-France intervient contre ce texte, en
particulier au nom de la démocratie.
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L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le
recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un
homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité
extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la
puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient
aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale,
finalement « une politique », au sens le plus large du mot, nationale et
internationale.
Si la France est prête à opérer son redressement dans le cadre d’une
coopération fraternelle avec les autres pays européens, elle n’admettra
pas que les voies et moyens de son redressement lui soient imposés de
l’extérieur, même sous le couvert de mécanismes automatiques.
C’est par une prise de conscience de ses problèmes, c’est par une
acceptation raisonnée des remèdes nécessaires, c’est par une résolution
virile de les appliquer qu’elle entrera dans la voie où, tout
naturellement, elle se retrouvera auprès des autres nations européennes,
pour avancer ensemble vers l’expansion économique, vers le progrès
social et vers la consolidation de la paix. “
Source : Marché commun européen, dans Journal officiel de la République française. 19 janvier 1957, n° 3, p. 159-166.
source du texte : http://www.pouruneconstituante.fr/spip.php?article526