Je ne lirais pas ce torchon, mais j’ai bien cru comprendre tout de même que Zemour relativisait le rôle de Pétain, argumentant même qu’il aurait sauvé des juifs.
Un vieux truc. Pendant la guerre beaucoup crurent ainsi à une alliance secrète entre De Gaulle, et Pétain. L’un étant le rempart ( pétain) , l’autre l’arme qui surgirait au moment venu.
Certes, Pétain, ce foireux, quant il a été acculé, a demandé à rencontrer De Gaulle, quand celui ci a déboulé à Paris. ...On imagine la réponse......
J’ai lu le livre de Paxton. C’est un réquisitoire contre Vichy, et son régime honni, pas contre les français, même s’il révèle, bien sûr, que la résistance a été un mythe pendant longtemps.
Ce qui n’est pas un point de vue, mais une réalité qu’on occultait totalement à la fin des années 60.
A cette époque, nous jeunes, voyions les choses de façon assez manichéenne, mais avec plus ou moins l’illusion qu’il y avait des résistants un peu partout.
De la faiblesse de la réaction, pendant les premières années d’occupation, qui d’ailleurs se sent capable de faire la morale à un peuple brisé, ayant eu ses quatre millions de morts 20 ans plus tot.
Impossible de penser ces années sans penser à la première guerre. Elle est là, omniprésente. Le pacifisme de Giono et de tant d’autres en découlent. Plus jamais ça,on leur disait. Et puis l’exode, toute cette ambiance apocalyptique, inédite.
C’est une cellule psychologique de soutien à l’échelle du pays, qu’il aurait fallu. Alors bien sûr, la regression : Pétain, le sauveur, « je fais don de ma personne à la france ». On n’en pleurerait presque encore, d’écouter cette vieille baderne qui n’avait qu’un objectif : Prendre le pouvoir, mater les communistes, donner une raclée à ceux qu’avaient fait le front populaire, un truc qui lui était resté accroché à la gorge.....
Hitler, pour lui, avait sauvé la France de la chienlit ( assez ironique, quand tant d’imbéciles penseraient que Pétain aurait sauvé la France......
C’est après 42 que les premiers réseaux de résistance commencent à voir le jour.
Avant, rien...La sidération.....Marcel Bloch écrit « une étrange défaite », mais cela ne sera publié qu’après guerre, après qu’il est été fusillé.....
Les allemands, en France, sont en vacances, pour eux le pays le plus tranquille, et de loin, comparé à l’est et son cauchemar....Pétain fournit des camions à l’armée allemande, et leur propose même de s’allier à eux contre les anglais.....Invitation déclinée par les nazis, qui se méfient tout de même de ce type douteux, et des français.
Tout de même, ils acceptent sa demande dernière : Que les petits enfants juifs puissent accompagner leurs parents dans les trains, pour ne pas séparer les familles ( ah, la grande âme, le saint homme) alors que les nazis n’en demandaient pas autant.
Ce n’est pas 70 % de juifs qui auraient survécu, si Pétain n’avait pas fait sa besogne, mais 95%, comme au Danemark, où les habitants s’organisèrent pour leur fuite.
Si ces 70% sont incomparablement plus élevés qu’en Pologne ou les pays baltes, où il est vrai l’antisémitisme était très présent, c’est grâce à différents facteurs
- Pays frontalier avec l’Espagne
- La ligne de démarcation où beaucoup filèrent, la shoah, arrivant plus tard, les italiens qui occupaient la côte d’azur étant très tolérant avec les juifs. ( mais elle fut redoutable quand les nazis n’occupèrent)
Alors sinon bien sûr, il y eut aussi beaucoup de justes dans ce pays ; ne l’oublions pas ; ce ne serait pas rendre justice que de l’ignorer ou de le minorer.
Rien à voir en France avec ce qui se passa en Pologne, avec ces pogroms par centaines, et où même des juifs revenant des camps de la mort, en 45, furent massacrés sur le quai d’une gare, les gens qui habitaient leur maison étant furieux de les voir revenir.
On croit rêver quand certains citent Amouroux, comme référence historique, face à Paxton. Amouroux qui resta rédacteur d’une gazette ultra collabo, avant d’être résistant de la dernière heure.
Alors bien sûr, cet homme défendre Papon, au procés de de dernier. Il n’y a pas de hasard...
Dis moi celui qui t’as inspiré, je te dirais qui tu es.