La France, globalement, sauf dans les marges, ne fut ni vraiment collabo, ni résistante.
Pardon pour les marges qui servirent tout de même de caution guerrière, à l’heure où l’on s’interrogeait si la France faisait partie des pays vainqueurs, ou des vaincus.
Qu’elle se retrouve dans le bon camp, en estomaqua plus d’un. N’allez pas cherchez plus loin l’origine du français opportuniste et margoulin. J’oubliais lâche, comme le pensent injustement les américains oubliant un peu ce que la france a fait 20 ans plus tôt...
Et c’est vrai que quoi qu’on pense ensuite de la carrière du personnage, De Gaulle réussit dans cette partie d’échecs où l’on avait perdu la reine et les tours ( mais pas les deux fous) à obtenir au moins le pat......
L’histoire comme vous le dites se réinscrit peut être en partie sans cesse, en inspiration au présent, et de gens animés d’intentions pas très nettes.
Néanmoins les faits restent les faits. Et ceux ci ne ressemblent pas à une barre de caoutchouc qu’on peut tordre et malaxer à son grès
Si l’on ne saura jamais vraiment si Hardy a trempé dans la conspiration qui a fait tomber Jean Moulin, on sait très bien qui était Pétain, d’où il venait, comment il a perpétué son crime, abusé de la faiblesse d’un pays en état de choc ( pour le peu, la théorie récente de Mélanie Klein à propos de la stratégie du choc, est assez pertinente)
Bien sûr, ce n’est pas un homme seul.
Il y a un fort courant réactionnaire dans le pays, qui aurait pu pousser la France à un coup d’état militaire comme en 36 en Espagne. Mais le mouvement du colonel de La Roque est resté légaliste.
Les imprécations de Pétain, s’en prenant après la défaite au front populaire, le rendant responsable de la défaite, « il nous faut payer maintenant pour ces errements » et la dénonciation du fait que celui ci n’aurait pas préparé la guerre sont pures gesticulations.
Lui même était ministre de la guerre avant 36, et c’est précisément le gouvernement du front populaire qui organise le réarmement, prenant alors conscience du danger.
Sous son ministère, il aura arrêté la ligne Maginot au niveau des Ardennes, persuadé que les allemands ne la franchiront pas, et ne jugera pas nécessaire d’équiper la France en divisions de chars.....
Il faut avoir lu « une étrange défaite » de marcel Bloch, alors officier de réserve dans le chaos de la débâcle, pour s’apercevoir comment l’état major et Pétain, étaient pressés de s’exonérer des responsabilités écrasantes de la défaite, et de projeter les erreurs sur le front populaire.
C’est bien un escroc, et un homme de revanche, doublé d’un réactionnaire voyant en Hitler, un type avec lequel on peut s’accommoder qui arrive ainsi au pouvoir.
Qu’il lui serre la main, en gare de Rotondes, sera un des premiers signes fâcheux, que les français, alors, refuseront de comprendre, totalement tétanisés par la défaite et son cortège de malheur.
J’ai lu les critiques sur le livre de Zemour, ce clown, et ça me suffit. Elles viennent de gens que j’estime, et les passages reproduits sont assez éloquents pour se faire une idée.
Sophismes, négations, révisionnismes, cela n’abuse que les imbéciles, les fachos, et les bas du front, et peut être les gens les moins informés.
Il y a trop de bons livres pour passer son temps à en lire de mauvais.