Le problème n’est pas que la France « ne respecte pas ses engagements européens ». Ces règles sont fondamentalement mauvaises et parfaitement scandaleuses.
Les dogmes européens sont d’abord mauvais, calamiteux, même, sur le plan économique. Point besoin d’une longue démonstration pour s’en convaincre. Les résultats sont éloquents ! L’obsession de la réduction du déficit en période de crise entretient une spirale qui nous conduit tout droit à la récession et au chômage de masse. Moins de croissance, c’est moins de recettes publiques, donc plus de déficit, donc encore plus d’austérité pour prétendre le résorber... Et quand le PIB progresse encore moins que prévu, mécaniquement, le déficit s’accroit. Ubuesque !
Ces fameuses règles défendues avec un fanatisme religieux par les euro-libéraux sont également une scandaleuse violation de la démocratie et de la souveraineté populaire . Quelle folie, quelle humiliation que de voir le budget de la nation soumis à l’oukaze des technocrates de Bruxelles avant même d’être voté par nos représentants légitimes ! Pour ma part, je n’admettrais jamais qu’une instance extérieure s’autorise à dicter sa loi à mon pays, aussi calamiteux que soient ses dirigeants. Sans doute est-ce l’esprit et la lettre des traités. Et c’est bien pour cela que je les ai combattus, et continuerai à le faire chaque fois que possible. On notera par ailleurs que le carcan européen est décidément très serré. Il impose non-seulement l’objectif, la sacro-sainte baisse du déficit, mais aussi le moyen, la réduction des dépenses publiques et les « réformes structurelles ».
Pourtant, comme l’a montré le comité pour un audit citoyen de la dette, la plus grande part de cette dernière a été constituée de paiement totalement injustifiés de taux d’intérêts prohibitifs et de cadeaux fiscaux aux plus riches et aux grosses entreprises. Quant aux « réformes structurelles », on ne sait que trop le cortège de régressions sociales qu’annonce cette formule emblématique de la langue de bois euro-libérale.
Merci donc d’avoir publié et commenté cette lettre, c’est un exercice utile au débat. Mais j’en tire pour ma part une conclusion tout autre : il est grand temps que les citoyens se mobilisent pour briser le carcan bruxellois.