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Commentaire de Gollum

sur Friedrich Nietzsche. L'éternel retour de l'incompris... 2/2


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Gollum Gollum 6 novembre 2014 11:37

Voilà pourquoi il a dit... Je vous enseigne le OUI. Vous êtes emplis de poison. Vous êtes emplis de NON.


Il a eu un précédent en cela. Et ce en plein moyen-âge chrétien. Ce fut le théologien dominicain Eckhart qui écrivit : Et troisièmement il faut que tu sois devenu affranchi du « Non ». On dispute sur ce qui brûle dans l’enfer. Les maîtres répondent unanimement : c’est la volonté propre. Mais j’affirme : c’est le « non » qui brûle dans l’enfer.

Mais il est vrai que le christianisme officiel n’a jamais été dans cette optique là. Et est resté confiné dans un dualisme mortifère. Dire toujours oui, c’est en effet accepter les hérétiques les cathares, et de ce fait refuser un christianisme idéologique de puissance pour se tourner, ou revenir, vers un christianisme de connaissance. Rome ne l’a pas voulu. Les dés étaient jetés depuis longtemps déjà.

Pour ce qui est du Par delà Bien et Mal, le cardinal Nicolas de Cues a élaboré la coincidentia oppositorum et fut lui aussi un précurseur de Nietzsche. Coïncidence des contraires remise au goût du jour par Mircea Eliade et CG Jung.

Sur la morale, le grand mérite de Nietzsche fut de montrer que bien loin de rechercher le bien celle-ci sert de masque à tout un tas de penchants non avoués, et bien humains, purement humains.. Un bon exemple : l’éloge de la chasteté cachant mal une peur panique de la chair.. En ce sens il fut un précurseur de Freud mais surtout Jung qui d’ailleurs accorda une grande importance à Nietzsche dans son œuvre. Au contraire de Freud qui l’ignora.

Quant au Dieu est mort, il n’avait pas tort dans la mesure où le christianisme se cantonnant à un Dieu bon, voulant donner au bon peuple une « image » simple de Dieu, privilégiant la théologie positive au détriment de la théologie négative, a fait de telle sorte qu’on en arrive à ce résultat. La solution étant, à mon sens, le Brahman indien, dont on ne peut rien dire sinon qu’il est l’Absolu, solution que Nietzsche rejeta.

Le surhomme n’est lui rien d’autre qu’une image du libéré vivant de l’Inde ou de l’homme véritable du Taoïsme. Là aussi le christianisme de masse en nous proposant seulement des saints, bien souvent de piètre envergure (encore récemment : Jean-Paul II et Jean XXIII), mais pas toujours (François d’Assise, Joseph de Cupertino, en fait une grande quantité de mystiques de haut vol, idem en Orthodoxie : Saint Séraphin de Sarov, mais quasiment rien chez les protestants (moins qu’en Islam c’est dire..))

En fait Nietzsche fut un mystique ou un gnostique qui se scratcha en plein vol, un feu d’artifice non maîtrisé. Son refus de la métaphysique véritable fut sa grande erreur. Une erreur que ne fera pas René Guénon. Mais Guénon est-il arrivé à une transformation véritable ? Rien n’est moins sûr. On peut supputer que CG Jung en laissant les forces inconscientes le guider sans jamais le dominer est arrivé, au moins partiellement, là où voulait aller Nietzsche...

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