Que pensez-vous des CDS appliqués à l’immobilier de détail ? des assurances à la hausse à la baisse ?
En une seule réponse : tous les produits dérivés sont des aberrations économiques aux conséquences très dangereuses.
Les CDS quels qu’ils soient, c’est l’exemple idéal. La banque en les créant, se défausse totalement de son rôle de régulateur de l’économie : donner ou ne pas donner un crédit, telle devrait être la question que la banque devrait résoudre (et c’est du travail et donc ça coûte)
Avec le CDS, la banque ne devient plus qu’un intermédiaire : elle prend sa petite com’ mais transfert le rôle de vérification/régulation/validation d’un crédit au « marché ». Marché dont ce n’a jamais été le rôle.
Il s’est passé quoi en 2008 ?
A force de créativité et d’ingénierie financière portant exclusivement sur des produits financiers (et non plus sur l’économie réelle)
A force que les acteurs économiques esquivent leurs rôles et leurs responsabilités (assurances et banques) et reportent le travail du risque qu’ils devraient faire sur leurs clients.
Les banques et les assurances déresponsabilisées ont glissé d’une concurrence capitaliste vertueuse (punissant ceux qui perdent) à une alliance corporatiste vendant des produits pourris en prenant leur marge.
2008 c’est le marché a saturé en produits pourris, le sauvetage d’agents économiques pourris qui auraient du mourir selon la loi du marché capitaliste.
Heureusement, en France cela n’arrivera pas : nos banques et l’état nous protègent
Et s’il s’avérait que les banques étaient protégées par l’Etat ? Si l’on regarde juste qui a reçu quoi, c’est évident. Les banque et les assurance ont été sauvées sans aucune limite de budget public, les QE successifs vont directement dans la bourse.
Aujourd’hui :
- La contagion a atteint l’argent public et le budget des états souverains. C’est logique, prêter à un pays en mauvaise santé économique est plus rentable que prêter à un pays en bonne santé économique (Et il faut que les banques se refassent)
- Les banques ont arrêté de prêter à l’économie réelle. Impossible d’avoir un crédit immo sans garanties surréalistes, on ne compte plus les boites qui ne peuvent pas investir et qui ont des problèmes de trésorerie (ma société en Grèce n’a coulé qu’à cause de cela)
- La baisse d’activité, la hausse du chômage plombe directement les recettes de l’état.
- La baisse de la consommation plombe les entreprises
- S’en suit une baisse de visibilité qui plombe l’économie dans son ensemble.
- S’en suivent des écarts de revenus massifs entre ceux du travail et du capital
Bref.
aux USA, justement dans les régions locatives, les plus riches possèdent 120% des richesses et les pauvres -20% Comment envisager le marché de l’immobilier dans ces conditions ?
On peut pas avoir d’économie harmonieuse dans ces conditions. Je ne vois toujours rien en France et ailleurs qui nous différencie avec la Grèce, donc je crains que l’on partage son sort.