Note:Dans la théorie des jeux, et plus précisément dans ce qui concerne la
Non-Cooperative Game Theory, chacun des partenaires a en vue ce que l’on
désigne habituellement par point focal.
Ces questions sont connues.
Or, c’est là mon propos, il advient - et c’est le cas de la stratégie
que semble suivre Y. Varoufakis - qu’il peut y avoir plusieurs focales
et plusieurs points et qu’au surplus, il peut aussi y avoir d’autres
règles, un peu comme le serait une variété allotropique d’un minéral
(carbone et diamant).
Et c’est là que Y. Varoufakis d"ploie son talent et son intelligence de la situation car il a en face de lui
une équipe de buses qui sont toutes obsédées par un point focal unique
(la « Dette » de la Grèce), alors que chez Varoufakis, si cette question
de dette demeure un problème, elle n’a rien d’une question aussi majeure
que ses pseudo-créanciers voudraient continuer de le faire accroire.
Pour ne pas l’avoir compris,M. Djisselbloem, le représentant de l’Eurogroupe venu « reprendre en main » le ministre des Finances de la Grèce,a explosé en vol.
Ce fut un grand moment en Eurovision.
http://www.keeptalkinggreece.com/2015/01/30/dijsselbloem-you-just-killed-troika-varoufakis-wow-video-pics/
Cette dette peut en effet devenir...éternelle, le règlement de ses seuls
intérêts revenant à ce que ce soit cette fois-ci le débiteur qui la
fasse « rouler », mais d’une autre manière, en proposant une autre
modalité de perpétuation-dilution sur un temps « très long ». Un autre
point focal se trouve ainsi pris en considération, mais d’une autre
manière, là encore, qui introduit un paramètre dont les créanciers ne
veulent surtout pas que l’on prononce le nom : le Golem du Défaut, cet
autre Minotaure cherchant qui dévorer dans le Labyrinthe européen de la
Zone euro (comme quoi la Finance et le Golem ont partie liée, d’une
manière très subtile que l’inculture des buses précitées leur interdit
de percevoir).
Le deuxième point qui illustre la théorie précitée consiste en ce que je
définis comme un déplacement du cadre initial, sur un autre terrain,
non plus avec un échiquier (l’ex- « troïka » ) mais avec , cette fois-ci,
un jeu de Go, tout aussi efficace.
Varoufakis a étudié Schelling, Harsanyi, Merson, et sans doute Bacharach, ce que ses interlocuteurs n’ont pas fait.
Les créanciers ont un but : se faire payer ou ne pas perdre de vue la dilution de leur dette.
Mais ils n’ont pas vu que le jeu était devenu un jeu « glissant », avec,
très bientôt, l’entrée en jeu d’autres acteurs dans une coalition
possible avec des intérêts complémentaires, qui va faire naître autre
chose que la perspective d’obtenir un gain ou une perte, au bénéfice non
plus de la seule Grèce , mais aussi de l’Espagne, de la France etc.
Le jeu est ainsi en train de devenir un jeu à somme non nulle dont il faut redéfinir la mise.
Pour l’heure, la Grèce n’a plus rien à offrir. mais imaginons un retour à
meilleure fortune avec les hydrocarbures de la Crète et de Chypre...et
l’ombre portée du grand voisin orthodoxe.