Merci à l´auteur
de cet article pour sa clarté et ses recherches qui sont très intéressantes. L´explication
psychologique basé sur la transgression d´un archétype me laisse cependant en
partie insatisfait.
A mon sens (je
me place en France) l´archétype en question n´est pas celui des élites vêtues
de « l’habit archétypal royal (sage, responsable, protecteur) ». Du
moins pas toutes : la méfiance envers les banquiers et les grandes
puissances industrielles est bien répandue : ces élites ne sont pas considérées
comme protectrices ni sages (sans doute à la différence de l´Allemagne et son
capitalisme rhénan).
L´archétype me semble
concerner en revanche la puissance étatique : Etat-providence, effectivement
image du père dont on attend qu´il règle les problèmes de la vie et nous assure
les conditions matérielles de notre vie. Elle concerne aussi les médias par un étrange
aveuglement malgré 1000 trahisons, comme vous l´expliquez : sans doute s´agit-il
de l´image du professeur (ou du prêtre). C´est notamment très fort sur l´écrit
qui reste sacré ou de la messe du journal de 20 heures.
Il y a donc déni
de réalité avant tout sur ces deux dernières institutions. Les ressorts sont d´ailleurs
différents :
- le déni sur les
médias (c´est-à-dire cette incapacité à en déceler les mensonges) est le fruit
d´une paresse de la pensée, qui reste dans des mécanismes de confiance,donc de croyance
et de schémas pré-établis.
- le déni sur l´Etat
(c´est-à-dire l´incapacité à voir son oppression) est le résultat de la peur
refoulée : le monde est bien différent selon que l´on considère que l´Etat
omniprésent est bienveillant ou malveillant, entre profonde sécurité ou insécurité
constante. Cette insécurité aura donc tendance à être niée.