Salim Mansour professeur de science politique à l’Université Western, Canada
Salim Mansour : « Nous musulmans, sommes la source de notre propre misère »
« Nous
avons hérité d’une culture du déni, du refus trop fréquent de
reconnaître notre propre responsabilité dans le malaise généralisé qui
laisse la plupart des pays arabo-musulmans dans un état de délabrement
économique, politique et social.
Les rapports sur les pays arabes sont un triste catalogue de
tyrannies bien ancrées, d’économies en déroute, de richesses dilapidées,
d’oppression des femmes, de persécution des minorités et de violence
endémique.
Au lieu de reconnaître la réalité du monde arabo-musulman comme une
civilisation brisée, nous les musulmans avons tendance à nous complaire à
blâmer les autres pour nos maux, faisant dévier nos responsabilités
pour les échecs qui sont devenus des lieux de reproduction de la
violence et du terrorisme.
Beaucoup de nos intellectuels dans la vie publique et de nos
dirigeants religieux dans les mosquées sont des adeptes du double
langage, ils disent des choses en anglais ou en français, puis le
contraire en arabe, en ourdou ou en farsi.
Nous avons fait de l’hypocrisie un art, et avons tissé un écran de
mensonges pour nous-mêmes qui nous rend aveugles à la réalité du monde
qui nous entoure.
Nous bouillons de colère et de ressentiment contre l’Occident, alors
même que nous avons prospéré dans la liberté et la sécurité des
démocraties occidentales.
Nous avons inculqué à nos enfants une fausse fierté, et leur avons
donné un sens de l’histoire qui s’écroule sous l’œil de la critique
minutieuse. Nous leur avons transmis le fardeau de loyautés
conflictuelles – et maintenant certains d’entre eux sont devenus nos
cauchemars.
Nous prêchons la tolérance, mais nous sommes intolérants. Nous
exigeons l’inclusion, mais nous pratiquons la ségrégation des sexes,
l’exclusion des minorités et de ceux avec lesquels nous sommes en
désaccord. »