Sans doute ce qui ancre l’alternance
ronronnante dans les habitudes des Français est-il le fait que l’alternative
revendiquée par le FN n’en est pas une, qu’elle apporte un remède pire que le mal
et que l’on ne redresse pas une nation avec des discours nauséeux qui annoncent
des lendemains de confrontations exacerbées ?
Le FN renforce son implantation mais la
genèse de cette dernière est hétéroclite : les gens adhèrent à des bouts de
programme mais pas à l’ensemble.
Son résultat en fait une force non
négligeable mais plus proche de la sanction que de l’adhésion.
Il a peut-être plus ou moins atteint son plafond de verre.
En tout cas, il semble un fait avéré que la plupart des
candidats du FN ( quand ils ont fait campagne ) ne l’ont guère fait sur un programme - si tant est qu’il
existât vraiment au-delà d’un sous-localisme de pacotille - mais sur la peur
grossièrement entretenue de l’Islam sans d’ailleurs qu’affleure la moindre
solution à cette problématique sinon des outrances de langage chez certains de
ses candidats particulièrement débiles.
Dresser les Français les uns contre les
autres recèle sans doute encore une marge de progression.
Aussi bien Sarkozy fait de nouveau concurrence au FN sur ce terrain.
C’est pourquoi l’homme à qui, entre autres hauts faits d’armes, l’on doit le désordre libyen a repris quelques antiennes
islamophobes : logique ! il ne peut pas trop critiquer le gouvernement Valls
qui met en œuvre ce qui lui avait été dicté par la
Commission européenne et qu’il avait accepté la main sur la couture du
pantalon.
Peut-être le plus grave est-il dans ce
constat que les Français choisissent majoritairement l’alternance des
semblables à défaut d’autre chose et parce qu’ils ont, semble-t-il, intériorisé
la vassalisation du pays au Moloch européen ?