J’ai voté contre.
Ce n’est pas que je n’ai pas de compassion pour le drame qui s’est produit.
Même si écrire permet de soulager un peu sa peine, il ne faut pas mélanger tout et n’importe quoi non plus. Les émotions sont toujours mauvaises conseillères. Et le mieux est toujours de laisser le temps apaiser les choses avant de dire n’importe quoi et déplomber sa propre cause.
Si le compte-rendu est exact, alors nous avons clairement ici un mauvais diagnostic qui a entrainé la mort du bébé. La grève, le sous-effectif, les fermetures de maternités, la ministre n’y sont pour rien. Il est donc inutile de crier et de cracher votre colère contre eux. C’est contre le médecin que vous devez vous retourner.
Ce ne sont pas des machines, mais leur pouvoir leur impose des responsabilités. Sa condamnation ne vous rendra jamais votre enfant, mais elle aidera à éviter d’autres drames.
La meilleure chose que vous puissiez faire, c’est votre deuil et recommencer ensuite. Et ne pas faire porter les fautes sur d’autres personnes ou d’autres institutions. Vous n’y gagnerez rien, et vous nuirez aux autres en plus.
Si on peut critiquer une médicalisation à outrance, il faut se garder d’idéaliser les accouchements dits « naturels ». Ce moment est toujours un péril pour la mère et l’enfant, il suffit de voir les taux élevés de morts survenus à ce moment dans les pays qui n’ont pas la chance d’avoir un système médical aussi développé que le nôtre.
De même, critiquer la fermeture de maternité est un non-sens. Nous ne sommes plus aux temps de la calèche et laisser les compétences se diluer entre de trop nombreux endroits, c’est l’idéal pour provoquer de nombreuses catastrophes. Mieux vaut trois sage-femmes assez expérimentées que cinq qui ne le sont que partiellement.