Pascal Bruckner, l’intellectuel jargonnant, imbu de sa personne et de sa place au firmament de la cosmogonie de l’intelligence, affiche son mépris pour Djamel Debbouze en le transformant en stupide horizon indépassable de la réforme de Madame Vallaud-Belkacem.
Tirez le rideau, la messe est dite, on va former des cancres.
Daniel Cohn-Bendit est dans le costume qui lui va si bien : donneur de leçons, détenteur de la vérité, accusateur public de ceux qui ont l’indélicatesse de ne pas penser comme lui, il voudrait que l’on donnât au peuple les paillettes qui lui vont si bien, le stuc au lieu du marbre, d’ailleurs ces balourds ne savent pas faire la différence.
S’ils ont les yeux pleins des ors de la société du spectacle, c’est tout profit pour ceux qui travaillent à brader les vestiges chancelants de ce qui reste de souveraineté nationale.
Mais derrière les rideaux de fumée qui lui masquent la vue, le peuple comprend très bien même s’il se trompe dans ses réponses : les sans-dents subissent dans leur chair les fins de mois difficiles, les reports de soins médicaux, l’épée de Damoclès menaçant du chômage ou la chute dans la cohorte des sans-emploi, dans l’infamante caste des assistés.
Le peuple n’a pas besoin de ce discours de vérité qui consisterait selon Cohn-Bendit à lui donner les raisons de sa souffrance et à le convaincre que les douleurs doivent être muettes pour accéder à la grandeur, il appréhende parfaitement la réalité mais ne se donne pas encore comme battu.
Alors aujourd’hui un discours doloriste a effectivement peu de chances de convaincre ceux à qui on fait payer le prix de la crise et la rigueur budgétaire et qui ne se résignent pas à la régression sociale.