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Commentaire de Tythan

sur L'Ecole de Commerce ou la fabrique d'immobilisme


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Tythan 4 juin 2015 11:14

Merci pour ce texte intéressant qui est effectivement truffé de fautes, alors que l’auteur a sans doute une très bonne orthographe naturelle...


Ce travers est tout à fait normal : l’étudiant habitué à écrire des copies papiers où il est difficile de corriger fait attention à son orthographe et se relâche naturellement lorsqu’il écrit sur ordinateur... C’est également l’un de mes travers, mes commentaires sur AV sont truffés de fautes, sans doute plus encore que cet article, ce commentaire n’y fera pas exception (mais vous, votre problème, c’est que vous avez fait deux fautes majeures dès le début).

Comme vous sans doute, j’ai été fasciné à l’adolescence par Bourdieu et ses thèses. Mais en y réfléchissant, je me suis rendu compte qu’en fait, bien qu’il y ait un fond de vérité dans ce qu’il dit, il a fondamentalement tort. Et il avait encore plus tort au moment où il écrivait son fameux « Les héritiers » qu’aujourd’hui.

En France, et c’est vrai aussi pour les écoles de commerce, la sélection de la plupart des filières d’élite se fait avant tout sur les sciences dures, mathématiques en tête. Idem pour l’économie, qui ne s’invente pas et ne relève pas, à proprement parler, de la « culture bourgeoise ». Ces matières s’épanouissent dans les sciences littéraires, Français, Culture G et Philosophie, mais elles restent, à part pour quelques filières, assez marginales (quoique les écoles de commerce admettent de plus en plus d’élèves de prépa littéraires).

A mon sens, le sociologue qui a le mieux analysé les phénomènes de reproduction est Raymond Boudon, qui s’est opposé à Bourdieu en expliquant que les phénomènes de reproduction s’expliquent bien plus par l’investissement supplémentaire des cadres dans l’éducation de leurs enfants que par autre chose.

Je pense, même si bien sûr tout n’est pas parfait, que si l’école légitime en partie la reproduction sociale, cette légitimation est fondée, solide.

Alors bien sûr que les inégalités se reproduisent. En même temps, c’est inévitable : le déclassement est quelque chose de si violent, de si difficile que ceux qui sont dans une position sociale « plus élevée » investissent beaucoup pour la garder. 

Cela ne donne que plus de mérites à ceux qui ont réussi à s’élever socialement. Et je suis sûr que dans votre école, certains de vos camarades sont dans ce cas.

Après, si j’ai un conseil à vous donner, ce serait celui-là : soit vous avez un projet professionnel déjà bien construit et alors vous bossez les matières qui peuvent vous intéresser, soit non et dans ce cas il faut tout bosser.

On ne vous demande pas de travailler comme en prépa, c’est certain. Mais la plupart de ce qu’on vous apprend est utile, que ce soit la comptabilité, l’analyse financière, les RH, le droit, le marketing (moi, je détestais cette matière que je trouvais over surfaite). Malheureusement, ces matières sont « bêtes et méchantes » en ce sens qu’il s’agit d’un savoir à assimiler. Faites-le, ça vous demandera un petit investissement et cela vous sera toujours utile.

Maintenant, il ne faut pas se leurrer, ce n’est pas pour votre savoir théorique qu’une entreprise vous sélectionnera en sortant de votre école. Elle le fera parce que cette école vous garantit qu’elle envoie un étudiant bien formé, synthétique, intelligent et avec le minimum de connaissances requises dans son domaine. Tous mes copains en analyse financière qui sortent d’école de commerce m’ont dit qu’en fait, s’ils ont appris les bases en école, ils ont appris le reste en arrivant dans leur entreprise.

Sur le fond de votre interrogation, j’ai envie de vous dire que vous vous trompez de sujet : les écoles, de commerce et d’ingénieurs, ne sont pas là pour révolutionner le système, et heureusement d’ailleurs : il ne s’agit pas de quelques choses qui peut s’apprendre. Et d’ailleurs, les facs d’économie et de gestion en France ou à l’étranger ne révolutionnent rien du tout non plus.




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