Au-delà du ridicule des postures de vierge effarouchée de nos ’représentants’ au pouvoir, cette tentative (certainement orchestrée, et tant mieux !) de mobiliser l’attention du public sur cette question cruciale et stratégique des indiscrétions, atteindra-t-elle son objectif ?
Rien n’est moins sûr !
Bertrand Russell disait :
« La plupart des gens préféreraient mourir que de réfléchir. C’est ce qu’ils font d’ailleurs. »
Les deux principaux poncifs opposés à cette mobilisation des consciences sont connus, et jouent très efficacement leur rôle soporifique sur la conscience :
- 1° poncif : ’rien à faire d’être espionné, je n’ai rien à me reprocher ’
(sous-entendu : ceux qui s’inquiètent des indiscrétions ont des choses à se reprocher )
- 2° poncif : ’Ceux qui se croient espionnés ou craignent que des indiscrétions ne risquent de leur nuire sont des paranos’
Pour faire court, (au moins dans un premier temps) je dénoncerai deux graves fautes de jugement communes à ces deux poncifs.
D’abord une vanité prétentieuse :
- concernant le 1° poncif, dans un groupe humain, quoiqu’il soit bon de ’se connaître soi-même’, il est bon aussi de ne pas ignorer qu’autrui a d’autres angles de vue et d’autres critères pour prétendre à son tour nous connaître ...
La confrontation des deux prétentions (la mienne, qui crois me connaître, contre celle des autres qui croient me connaître) a toutes les ’chances’ (ou malchances ?) de donner lieu à quelques surprises ...
- concernant le 2° poncif :
qui, (hormis un psy chevronné, dûment informé, dans l’exercice de ses fonctions, ...) saurait déclarer fraternellement que vous êtes parano ? Quelqu’un qui vous connaît parfaitement ? cf ci-dessus ! ( ou quelqu’un qui croirait parfaitement vous connaître parce que, précisément, il se baserait sur des indiscrétions vous concernant ?
Seconde faute de jugement :
manque de respect envers le libre-arbitre, la pudeur et l’intimité d’autrui.
Et cette faute n’est pas seulement morale. Elle est une entrave à l’approfondissement de la remise en cause personnelle. Stratégiquement parlant, il est aussi peu avisé de sous-estimer que de sur-estimer. Pourquoi écarter l’adage ’ à malin, malin et-demi’. (cf vanité prétentieuse _ Les infos obtenues par indiscrétion ne peuvent-elles pas être tantôt contrôlées consciemment par la cible de l’indiscrétion, tantôt mal interprétées par ceux qui y apporteront foi ? )