@Neomatix
Dans le domaine de l’immobilier, on appelle ça une vente en l’état futur d’achèvement.
Vous achetez sur plan, vous réglez au fur et à mesure des travaux et quand c’est fini, vous prenez livraison.
Vaste débat que celui du moment à partir duquel le foetus a sa propre vie.
Objectivement, c’est étrange de reconnaître un droit de propriété de la mère sur l’enfant non-né, puis de dire que ce droit cesse à compter de la naissance.
Sauf erreur de ma part - et outre l’étrangeté de la question - cela voudrait dire que la mère n’a aucun droit sur l’enfant à compter de la naissance et que le contrat est privé d’objet, voire de cause.
Vous dites que le foetus ne peut être considéré comme tiers, certes, mais céder un enfant en devenir, n’est-ce pas disposer des droits futurs d’un tiers ?
Personnellement, je trouve que ce genre de contrat nous fait entrer de plein pied dans la schizophrénie contractuelle et que ce n’est pas très sain de débattre « produit » et « contrat » s’agissant d’enfants...
Mais bon, visiblement, vous considérez que chacun peut se vendre, se louer, céder un tiers au contrat après avoir loué l’outil de fabrication pendant neuf mois, et que cela ne pose aucun problème éthique ou moral.
C’est votre droit le plus absolu.
Quant à la seconde question, celle où des migrants se placeraient volontiers en situation d’asservissement auprès de riches occidentaux, là encore, permettez-moi de m’étonner.
Quelle est la marge entre esclavage et travail.
Quand considérez-vous que cette relation commerciale serait saine.
Je pose un postulat :
Si les conditions de vie actuelles de cet « esclave » se révèlent plus favorables que celles qu’il a quittées, c’est bon, il y a amélioration et la relation commerciale est acceptée. C’est ça votre raisonnement ?
Si « j’embauche » un réfugié qui a été torturé dans son pays, je peux alors moi-même le torturer un peu moins ?
Le violer avec un peu de douceur (pour son bien et le mien, évidemment) ?
Et s’il est d’accord, je peux lui prélever un rein et le vendre pour récupérer le coût de son entretien ? (ce qui, entre nous soit dit, permettrait une égalité entre riches et moins riches : chacun aurait droit à son esclave)
Selon vous, le consentement seul suffit.
Je peux me céder entièrement du moment que j’y trouve mon compte (c’est quoi y trouver son compte : ne pas mourir de faim ?)
Les esclaves d’antan étaient nourris, logés et blanchis. Est-ce une contrepartie suffisante pour vous ?
Un petit coup (au sens propre et au sens figuré) de temps en temps est acceptable si le cocontractant est OK ?
Une précision de ma part.
Dans toutes les relations commerciales se posent les questions d’abus en tous genres.
Vous dites « si vous vous considérez exploité, vous rompez le contrat, c’est aussi simple que ça ».
Très bien, mais si je ne peux pas rompre le contrat parce que sinon, je crève de faim, je n’ai plus de toit, vous considérez quoi : bien fait pour ma gueule ? J’ai qu’à trouver un autre poste d’esclave ?
Et dans ce cas là, si j’accepte en désespoir de cause des conditions moins favorables et que je suis obligé d’accepter parce que je n’ai pas le choix, on dit quoi : c’est la loi du marché ?
C’est quoi la convention collective de l’esclavage ?
Je vais au Prud’hommes, au TGI ou au commerce ?
Je peux être auto-entrepreneur ?
Je peux faire une société dans laquelle je fournirais de la main-d’oeuvre consentante ?
Est-ce que, du coup, je peux aussi louer des enfants puisque, visiblement, les parents ont tous les droits sur leur progéniture ?
Et subsidiairement, le viol, on le dépénalise et on en fait une question de quoi, de relations commerciales non consenties ?
Le meurtre, une faute contractuelle ?
Alors j’entends bien les remarques selon lesquelles, finalement, la relation de travail (intérimaire ou non)seraient fondées sur ce même principe de la location de la force de travail.
Mais il y a une dimension que votre postulat élude : celle de la contrepartie.
La contrepartie à un contrat classique de travail est pour le salarié d’obtenir un salaire et, par là, les conditions de sa liberté.
Liberté de dépenser son argent comme il le veut, pour se loger, se nourrir, acheter des biens de consommation.
Et l’esclave ?
Visiblement, s’il y trouve son compte, tout est permis, y compris de l’asservir totalement.
Iriez-vous jusqu’à dire que ce contrat lui donne la même liberté que celle que le travailleur a pu acquérir au prix de luttes séculaires et parfois sanglantes ?
Régression.
Voilà ce que vous proposez.