Bonjour Fergus,
Merci pour cet article. Je suis aussi un militant convaincu pour l’allocation d’un revenu d’existence. Ce revenu découplé de l’emploi est tout simplement l’expression d’un droit universel et inconditionnel à une existence digne en assurant à
chaque être humain le minimum pour se loger et se nourrir. Avec le droit à l’accès aux soins, le droit à l’instruction publique gratuite, ce droit à un revenu minimal complète les conditions nécessaires à l’épanouissement du capital humain.Ce droit à un revenu de base se situe en fait dans le prolongement du chantier ouvert par le CNR en 1944.
Aujourd’hui les aides publiques tentent
en vain d’atténuer les injustices et imperfections de nos sociétés. Aides consacrées à la lutte
contre le chômage, contre la pauvreté, de soutien à la famille, sont coûteuses, complexes à mettre en
oeuvre, stigmatisantes, souvent
injustement réparties, conditionnées, et en fin de compte elles se révèlent être aussi des trappes à la
marginalisation et à la dépendance et sont impuissantes à endiguer le flot des
victimes d’un système qui est devenu incapable de distribuer équitablement la
richesse qu’il créé.
A toutes ces aides conditionnées et allouées à postériori, il faut opposer ce nouveau droit universel et inconditionnel. Grâce à ce filet de sécurité, chacun
pourrait décider de se libérer d’un travail aliénant sans craindre de ne pas
assurer le minimum pour les siens.
Le
partage des emplois avec une réduction du temps de travail
librement consentie, sera à nouveau
à l’ordre du jour, ce qui participerait à une diminution drastique du chômage,
la
relocalisation de l’économie, le développement
d’une agriculture paysanne familiale, des commerces de proximité seraient
viabilisés.
La
formation, le changement de métier, les ruptures
dans une carrière professionnelle, l’intermittence, pourront être
envisagés plus sereinement.
Avec
le temps libéré, chacun pourra participer pleinement au
développement d’une économie sociale et solidaire, à des activités non
marchandes et assumer ses
responsabilités familiales, politiques et sociales.
Enfin la modulation de ce revenu de base entre l’enfance et la jeunesse puis
au cours de sa vie professionnelle, permettrait à chacun de construire son
avenir en totale autonomie, révéler
ses talents enfouis, indépendamment de ses propres origines sociales.