@Pomme de Reinette
Ce bouquin le croirez vous je l’ai lu en pacquant les chèvres, il y a plus de 30 ans....Rien de tel que la garrigue et le souffle du vent pour vous élever l’âme et donner de la splendeur aux phrases !
Après votre message, j’ai regardé dans ma bibliothèque, et j’ai retrouvé cette nouvelle ; c’est bien dans « l’amour de la vie », la nouvelle donnant son nom au livre ; cependant avec le temps mes souvenirs ont quelque peu modifié la fin, que je vous laisse apprécier. Du reste il est possible qu’il y ait eu plusieurs versions de l’histoire qui est magnifique et toujours comme chez cet auteur sur le fil du rasoir. Il a par exemple donné plusieurs versions de « construire un feu » ; dont vous parlez ; une histoire élémentaire de survie : Un homme tombe dans un trou d’eau et n’a que cinq minutes pour construire un feu et se réchauffer et sécher ses vêtements. Si échec, il est perdu....Il y a au moins une version où l’homme s’en sort et l’autre non...Toujours chez lui cet aspect crépusculaire et extrême qui l’a d’ailleurs condamné à mourir jeune, à cause de son alcoolisme et de ses excés...On connait son amour pour les chiens, mais les chiens chez London, voir « Croc blanc » par exemple, sont des bâtards entre chien et loup, à l’identité incertaine, partagé entre l’appel de la forêt, et une vie plus sociale : La projection même de ce qu’il était lui même, en double, comme vous dites...
London était un type sans doute super à certains moments, et tout autant exécrable à d’autres , comme d’ailleurs pas mal d’auteurs américains, genre Kerouac ou Hemingway. C’est la rançon souvent d’enfances cabossées...Dans « Martin Eden » il révèle pas mal de ses faiblesses structurelles tout en voulant s’en cacher, et c’est l’intérêt de la bonne littérature de nous offrir plusieurs niveaux de lecture....
En tout cas il nous parle d’un monde non borné, maintenant tout à fait disparu, où la sensation d’épuisement des ressources n’était pas encore vraiment apparu, encore que....En Bretagne, s’il y eut autant de terre neuvas, c’était déjà pour pallier à une pêche littorale qui s’était raréfiée, quand aux courts d’eau ils étaient déjà surexploités. Néanmoins le saumon était encore bien présent : Il y avait même des chartes qui stipulaient que les patrons ne devaient pas donner plus d’une fois par semaine du saumon à leur journalier, saumon que l’on appelait à l’époque « le mauvais jambon »...
Je crois profondément que nous avons besoin des loups, de la beauté, de la vie sauvage et des mystères qu’elle contient. Elle est dans son dernier carré. Des espèces disparaissent tous les jours ! ..Je n’apprend rien, tout le monde sait cela et pourtant ne semble pas comprendre les enjeux qui dépasse nos intérêts à courte vue...
Certains s’en arrangent très bien, dans cette politique du désastre. Des entreprises sont même déjà spécialisés dans la pollinisation des plantes, se substituant au travail des abeilles.
« J’ai bien peur que la fin du monde soit bien triste », comme disait l’ami Brassens,dans « le grand pan »